Marseille : le mode de vie libertin du "Jogging rose" aux assises

Marcel Strasuncki, patron d’un cabaret, jugé pour viols sur mineures

Le spectacle était de qualité et rapportait 1,2 million d’euros. Logés et nourris au blé complet et au coca, les artistes de la troupe touchaient en moyenne 700 euros par mois.

Photo Archives Florian Launette

Chevelure grise et mocassins beiges, tassé sur une chaise devant son avocat, Marcel Strasuncki a perdu de sa superbe. À 67 ans, dans le prétoire de la cour d’assises où il est jugé pour des viols et des agressions sexuelles, il n’est plus Igor, le flamboyant meneur de la revue du « Jogging Rose », un music-hall de Plan-de-Campagne. Pourtant les adeptes du « gourou » sont toujours derrière lui, faisant bloc dans le public: des femmes blondes aux cheveux courts et méchés.

Au « Jogging rose », c’était la coupe imposée tout comme un poids et une taille réglementaires ou l’obligation de se raser le pubis. Lorsque les projecteurs s’éteignaient, la vingtaine de musiciens, serveurs et danseuses adoptaient une vie de secte. Un mode d’existence en vase clos, coupé de l’extérieur. Régime alimentaire commun à tous: riz complet ou pâtes et coca. Le choix des vêtements -surtout les sous-vêtements- était placé sous le contrôle strict d’Igor, tout comme l’achat des journaux et magazines. Toute la troupe vivait nue, dormant sur des matelas jetés au sol dans la salle de spectacles. On ne s’embrassait que sur la bouche. Version avant-gardiste et libertine du « loft »…

Le groupe prônait le renoncement au couple, aux tabous, à l’intimité, invitant au partage des partenaires. Sur une scène surélevée, le matelas d’Igor où venaient se glisser les jeunes femmes sous influence, attirées au cabaret par le mirage du strass et des paillettes. Parfois guidées à la couche du « roi » par Nancy Roger et Réjane Martinez. Ces deux affidées comparaissent – libres elles aussi – la première pour complicité de viols sur mineures, la seconde pour des agressions sexuelles. Leur chevelure atteste de leur allégeance durable.

Le procès se déroule à huis clos, trois des quatre parties civiles étant mineures – douzeans pour la plus jeune – au moment où elles disent avoir été conduites dans le lit de Marcel Strasuncki pour y être initiées sexuellement ou bénéficier des bienfaits du « sexe énergisant » d’Igor. Elles vivaient au cabaret où travaillait un de leurs parents. Dans leurs plaintes, en 2002, les jeunes femmes rapportent que ces relations sexuelles se faisaient sous couvert d’une éducation apportée à ces adolescentes. Ce sera la première position de Marcel Strasuncki.

« Comme elles avaient toutes des petits copains, elles voulaient savoir comment il fallait faire pour faire plaisir à un garçon ». Puis il va contester la totalité des accusations, se disant l’objet d’une cabale orchestrée par deux associés du « Jogging Rose », soucieux de l’écarter. Dans les déclarations rapportant la vie quotidienne au cabaret, Marcel Strasuncki ne voit que rivalités et jalousies.Dans les accusations de viols, la marque de transferts sur sa personne des souffrances endurées par les jeunes filles. Il encourt vingt ans de réclusion. Verdict vendredi.

Luc Leroux

5 réponses
  1. Marandin
    Marandin says:

    Quellesurprise, j’ai connu Igor et sa troupe…. Je n’ai qu du bien à en dre…J AI connu la troupe, et j’avoue que je ne l’aijamais vu faire un geste déplacé, il est vrai que même moi, qui suis une femme âgée, il me faisait toujoursd un béco sur la bouche. Je n’ai jamais vu les danseurs vvre au ri complet ou au Coca, le champagne coulait à flotet les filles, dont certaines étaient marées, avaient de très bons salaires, puisqu’elles profitaient de thalasso à Monaco (c’est pas peu dire), sorties en bateau très correctes. L’histoire du riz existait effectivement pour faire maigrir les excés des vacances des uns et des autres de manière à être parfaites sur scène. Elles étaient habillées Christian Lacroix et Jan Paul Gauthier… et bien d’autres… Il est rai q’un personnage s’est jeté comme assocé étant fou moureux d’une des nanas et n’a pas accepté d’êtrelargué malgré sn ponion…Il a dit qu’il se vengerait et …. c’est arrivé… En ce qui me concerne, je remercie Igor de m’voir aidé dans mon combat contre ma maladie, dont je suis guérie aujourd’hui et je n’oublierai jamais sa gentillesse et le temps consacré à ma convaincre que je guérirai…si j peux faire quelque chose…. ce sera avec plaisir…

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  2. gésabelle
    gésabelle says:

    Bonjour,
    TOUT LE MONDE savait sur Plan de Campagne et les Pennes Mirabeau que cette troupe était TRES BIZARRE !
    Elles étaient loin d’être habillées grand luxe comme le dit la personne précédente. Le week end, parfois, on en voyait une ou deux qui « trainaient » dans les boutiques de Plan de Campagne, sans jamais rien acheter, la mine triste. Ils se déplacent toujours ensemble et tous les gens qui les croisent ressentent à chaque fois cette impression étrange de qqchose d’ anormal. PS: ils sont toujours tous ensemble, je les ai croisés dans un établissement trés ressemblant au jogging rose sur Marseille !

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  3. chantal cotten
    chantal cotten says:

    CHANTAL, voici un article sur le fameux cabaret, cela t’en dira plus, dis-moi si tu as bien réceptionné ? je t’embrasse avant de partir chercher Mario – à très bientôt j’espère France

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  4. Jacques Le Coeur
    Jacques Le Coeur says:

    Ce monsieur a lâchement abandonné sa femme Françoise (qui était certes de moeurs plus que légères) et ses deux enfants Catherine et Philippe, lui-même ensuite abandonné par sa mère, n’ayant aucun amour maternel, et qui s’est remariée avec un homme brutal (l’atavisme). Marcel S. batttait ses enfants à la ceinture et organisait des orgies avec sa femme sous les yeux de ses enfants. Il est dommage qu’il n’existe aucune justice rétroactive pour condamner aussi bien le père, ignoble crapule, que la mère, vraie salope, pour avoir détruit la vie de leur fils qui s’est suicidé.

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