NOUVELOBS.COM | 19.02.2009 | 07:52

La Cour supérieure judiciaire irakienne examine le dossier du journaliste Mountazer al-Zaïdi, qui avait lancé en décembre ses chaussures au visage de George W. Bush.

Sur cette image vidéo, George Bush (à gauche) évite une chaussure lancée par un journaliste lors d'une conférence de presse

Sur cette image vidéo, George Bush (à gauche) évite une chaussure lancée par un journaliste lors d’une conférence de presse

(c) Reuters

C‘est ce jeudi 19 février qu’est jugé, devant la Cour supérieure judiciaire irakienne, le journaliste irakien qui avait lancé en décembre ses chaussures au visage de George W. Bush.
Mountazar al-Zaidi, 30 ans, est en détention depuis le 14 décembre. Ce jour-là, lors d’une conférence de presse conjointe à Bagdad du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et de George W. Bush, alors président, Mountazar al-Zaidi avait eu le temps de lancer ses deux chaussures, l’une après l’autre, avant d’être violemment plaqué au sol par les services de sécurité.
Le procès du jeune homme, devenu un héros en Irak et dans le monde arabe, devait s’ouvrir initialement le 31 décembre mais ses avocats ont obtenu un report: la défense demandait une requalification des poursuites, en injures contre un chef d’Etat étranger. Mais selon Abdel-Sattar Bayrkdar, le journaliste sera poursuivi pour agression sur un chef d’Etat étranger.

Il encourt 15 ans

Il s’est refusé à dire quelle peine risquait le journaliste, mais selon les avocats de la défense, il encourt une peine maximale de 15 années de prison.
Il y a également eu des inquiétudes sur la santé et la sécurité du journaliste, qui aurait été frappé et torturé pendant sa détention, le juge chargé de l’enquête ayant constaté des traces de coups au visage. En outre, selon son frère Dhargham, Al-Zaidi a été « privé de ses droits élémentaires », et ses proches et avocats se sont à plusieurs reprises vus refuser des visites, comme encore jeudi pour sa famille. Un autre frère qui avait rendu visite le mois dernier au journaliste a dit qu’il semblait en forme et que ses blessures étaient guéries.

Comme des œufs ou des tomates

Selon Dhia al-Saadi, un des avocats du journaliste, la défense va faire valoir que son lancer de chaussure constituait une « expression nationaliste » destinée non à blesser George W. Bush mais à dire son opposition à « l’occupation ».
« Ce type d’expression est bien connu en Amérique et en Europe, où des gens jettent des oeufs ou des tomates pourries sur leurs dirigeants pour affirmer le rejet de leurs politiques », a expliqué l’avocat à Associated Press Television News. « Quand al-Zaidi a jeté ses chaussures sur Bush, c’était ce genre d’expression politique. Dès lors, il ne doit pas y avoir de charges criminelles », a-t-il ajouté.
Le lancer de chaussure est devenu un moyen de protestation populaire. Lundi dernier, un manifestant a ainsi jeté, sans l’atteindre, un de ses souliers sur le Premier ministre chinois Wen Jiabao qui prononçait un discours à l’université de Cambridge à l’occasion de sa visite en Grande-Bretagne. (avec AP)

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