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Le meurtre a eu lieu dans cette résidence, rue Gérard-de-Nerval à Creil.

Le meurtre a eu lieu dans cette résidence, rue Gérard-de-Nerval à Creil.

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Naushad Maqbool, 61 ans, est décrit comme non violent et travailleur. Mardi, devant la cour d’assises de l’Oise, il n’a toujours pas su expliquer pourquoi il avait tué Mireille Calais.

Un meurtre, et beaucoup de questions. À l’issue de la première journée du procès de Naushad Maqbool, 61 ans, on ne sait toujours pas pourquoi cet homme a tué Mireille Calais, 65 ans, dans l’appartement qu’il partageait au 23 rue Gérard-de-Nerval, sur le Plateau Rouher, à Creil, le dimanche 14 janvier 2007.

À la barre de la cour d’assises, devant laquelle il comparait à Beauvais pour meurtre sur concubin, l’accusé, d’origine pakistanaise, peine à s’exprimer en français. Un interprète est présent pour faciliter les débats, mais les réponses aux questions du président ou de l’avocat général restent floues.

« Après elle, c’est mon tour »

Naushad Maqbool n’a jamais nié être le meurtrier de Mireille Calais. Lorsque les pompiers ont pénétré dans l’appartement, le soir du drame, l’homme venait de se trancher la gorge avec une lame de cutter. Il s’est effondré, inconscient, lorsqu’ils ont ouvert la porte. Les enquêteurs ont retrouvé une lettre écrite dans sa langue maternelle : « Messieurs les policiers, j’ai tué Mireille Calais. Après elle, c’est mon tour. Je coupe ma gorge et de ma part pour tout le monde, au revoir. Il faut noter : 17 h 24 le 14 janvier 2007 ».

Selon les experts, la mort de la victime est intervenue entre 15 heures et 17 heures. Elle a été tuée de deux coups de massette sur le crâne. Les secours l’ont retrouvée décédée, allongée sur le lit dans sa chambre. C’est à cet endroit que le crime a eu lieu, alors que la victime regardait la télévision.

Naushad Maqbool a toujours dit ne se souvenir de rien. Cet après-midi-là, il a énormément bu. L’enquête n’a jamais pu déterminer si son alcoolisation est intervenue avant ou après le drame, toujours est-il que son alcoolémie était de 2,71 g/l, plusieurs heures après le meurtre.

Le couple s’était disputé le midi. Un cousin de la victime lui aurait prêté des affaires, et l’accusé n’était pas d’accord. Il était par ailleurs opposé à un déménagement vers une maison à côté de ce cousin. Le mobile du crime semble bien mince, et le mystère reste entier.

« Un jour, vous me trouverait morte dans l’appartement »

Car Naushad Maqbool est décrit comme une personne non violente et travailleuse. Son casier judiciaire était vierge. Père de deux enfants d’une précédente union (sa femme est repartie au Pakistan « car elle n’arrivait pas à s’intégrer »), il a fait connaissance avec Mireille Calais dans des trajets quotidiens en bus. Il décrit cette rencontre et la naissance de ses deux enfants comme « les plus beaux moments de sa vie ». Ils vivaient ensemble depuis 9 ans.

En mai 2004, un membre de la famille de la victime a assisté à une scène de ménage. « Elle nous a dit : « un jour vous me trouverait morte dans l’appartement » », a raconté le témoin à la barre. Elle n’avait rien dit de plus, et personne n’avait jamais remarqué de violences conjugales.

G.L.

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