La justice rend son jugement dans l'affaire de l'Angolagate

TRAFIC D’ARMES

42 prévenus, parmi lesquels Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak, Charles Pasqua ou encore Jean-Christophe Mitterrand, sont concernés par la décision du tribunal correctionnel de Paris dans cette vaste affaire de commerce d’armes vers l’Angola.

Charles Pasqua, lors du procès de l'Angolagate. (Sipa)

Charles Pasqua, lors du procès de l’Angolagate. (Sipa)

Les 42 prévenus du procès de l’Angolagate seront fixés mardi sur leur sort, le tribunal correctionnel de Paris devant rendre son jugement dans l’après-midi sur cette vaste affaire de commerce d’armes vers l’Angola au milieu des années 90.
Un jugement sévère risque de compromettre le réchauffement récent des relations entre la France et l’Angola, pays riche en pétrole.
Dans ce procès qui s’est tenu d’octobre 2008 et mars 2009, 42 personnes étaient accusées d’avoir, soit participé à l’organisation d’un « trafic » de 790 millions de dollars, soit bénéficié de « pots-de-vin » distribués par les deux associés ayant mis ce commerce sur pied, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak.
Six ans de prison ont été requis contre les deux hommes.

Pressions angolaises

Des personnalités comme l’ancien ministre Charles Pasqua, l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, l’ex-préfet Jean-Charles Marchiani ou Jean-Christophe Mitterrand, fils du président défunt, auraient bénéficié des largesses des deux associés.
Toutes ont plaidé l’innocence, mais l’accusation a demandé la relaxe du seul Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand. Des peines allant de trois ans avec sursis (Pasqua) à 18 mois ferme (Marchiani) ont été requises contre les autres.
Dès l’ouverture du procès en octobre 2008, la République angolaise avait demandé le retrait des pièces incriminantes, au nom du « respect du secret défense d’un pays étranger ».
Une lettre envoyée en juillet 2008 par le ministre de la Défense, Hervé Morin, à la défense de Pierre Falcone, avait par ailleurs été interprétée dans les milieux judiciaires comme une pression du gouvernement français pour faire dérailler le procès.

Chars, obus, hélicoptères, navires de guerre

Le ministre affirmait dans ce courrier que ces ventes d’armes de guerre, provenant de l’ancien bloc communiste, n’avaient pas besoin d’autorisation de l’Etat puisqu’elles ne transitaient pas par la France.
Chars, obus, hélicoptères, navires de guerre : les deux associés ne contestent pas avoir livré du matériel militaire, mais nient avoir livré 170.000 mines anti-personnel.
Ils affirment que Paris n’avait pas à donner son feu-vert, puisque cet arsenal ne passait pas par la France et que la société courtière, ZTS Osos, était basée en Slovaquie.

(Nouvelobs.com)

NOUVELOBS.COM | 27.10.2009 | 11:38

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