AP Verena von Derschau

Le procès des frères Jean-Claude et Mario Hornec, deux « parrains » présumés du milieu parisien, soupçonnés d’avoir servi d' »ambassadeurs » ou d’intermédiaires dans un trafic de cocaïne entre la France et la Colombie, s’est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Détenus depuis novembre 2006, Jean-Claude Hornec, 55 ans, et son frère Mario, 50 ans, comparaissent aux côtés de 12 autres hommes, notamment les vendeurs présumés, d’origine sud-américaine, les acheteurs potentiels, dont un Britannique et des Français, et d’autres intermédiaires présumés.

« Mes clients nient toute implication dans un trafic de stupéfiants », a souligné leur avocat Me Jean-Yves Liénard. « Ils disent qu’on est venu les chercher à un moment. Ils vont entrer dans cette affaire, et ils en ressortiront volontairement pour partir benoîtement en vacances en août comme tout et chacun », assure l’avocat, estimant que les trafiquants ont contacté les deux frères car ils « sont connus comme étant de gens de parole ». « Il fallait faire en sorte que l’acquéreur soit mis en confiance et qu’il soit attiré en France », a-t-il expliqué, qualifiant le rôle de ses clients de « lobbying ».

Pour l’accusation, les Hornec étaient chargés de trouver des acquéreurs pour écouler 136 kilos de cocaïne arrivés en France le 22 juillet 2006 dans quatre valises et stockés dans un hôtel de Rungis (Val-de-Marne). L’enquête a montré que Mario Hornec s’était rendu fin juillet 2006 en Espagne afin de rencontrer des Anglais, acheteurs potentiels de la marchandise. Son frère Jean-Claude les aurait croisés en France un mois plus tôt.

Les deux frères Hornec avaient été mis en examen en novembre 2006 dans cette affaire avant d’être écroués. Ils sont poursuivis pour « importation, détention et cession de stupéfiants en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Le juge d’instruction a abandonné les charges de « direction d’un groupement ayant pour objet la production, l’importation, la fabrication et la cession de stupéfiants », un crime passible de la cour d’assises.

L’affaire a débuté en février 2006, les enquêteurs étant informés d’un projet d’importation de cocaïne. En juillet, un policier infiltrait le milieu et entrait en contact avec l’un des fournisseurs colombiens de la cocaïne. Les principales interpellations ont eu lieu en septembre 2006. Jean-Claude et Mario Hornec seront arrêtés deux mois plus tard. Ils encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Le procès doit se poursuivre jusqu’au 24 juin. AP

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