Dakar, 22 juil (APS) –

mercredi 22 juillet 2009, par Serigne Adama Boye

Des ressortissants gambiens ont dénoncé, mercredi à Dakar, ‘’les entraves à la liberté de la presse’’ dans leur pays, à travers la commémoration par anticipation de ‘’la journée de la liberté’’, jeudi coïncidant avec l’arrivée au pouvoir du président Yayah Jammeh, en juillet 1994.

Les protestataires sont regroupés autour du Réseau interafricain pour les femmes, les medias, le genre et le développement (FAMEDEV).

‘’Nous organisons cette conférence de presse pour attirer l’opinion publique sur ce qui se passe en Gambie’’, a indiqué Seyni Gassama de la section sénégalaise Amnesty International, soulignant que ‘’cette journée d’action se déroule présentement dans 12 pays à travers le monde’’.

Cette journée organisée en collaboration avec Amnesty international et les ressortissants gambiens établis au Sénégal coïncident avec la fête nationale de la Gambie. Laquelle fête également appelée journée de la liberté consacre l’arrivée au pouvoir du président Yaya Djammeh en 1994.

M. Gassama a invité les chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest à s’approprier le combat : ‘’Il serait lâche pour les pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest de dire que c’est une affaire interne. Ils doivent exercer des pressions politiques, économiques sur le régime de Yaya Jammeh’’.

‘’Les gens victimes d’injustice doivent être en mesure de porter plainte dans n’importe quel pays. S’il n’obtienne pas en justice en Gambie. Il faut que la compétence universelle s’exerce’’, dit-t-il ajoutant que ‘’le préfet de Dakar a interdit leur marche’’.

‘’Le combat ne s’arrête pas là. Avec l’aide d’Amnesty International et la société civile, nous allons continuer à faire de la pression sur le régime de Jammeh’’, a ajouté, pour sa part, la journaliste gambienne Amie Joof, établie au Sénégal depuis 1999.

‘’Il faut que les journalistes et la société civile parlent de ce qui se passe en Gambie. La pression doit venir de tous les côtés. Il faut aller jusqu’au bout. Peut-être qu’à l’avenir, la situation va s’améliorer’’, a plaidé, de son côté, le directeur exécutif de l’Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH/Sénégal), Djibril Aziz Badiane.

Au nom de la défense et de la protection de la liberté de presse, a estimé le président du groupe Agora, Gaspard Onokoko, ‘’il faut crier haro, halte à la pression que vit les journalistes en Gambie’’. ‘’Sans la liberté d’opinion, il n y a pas de démocratie.’’

Le producteur de la radio en ligne Alternative Voice Gambians (AVG), Sheriff Bojang, s’est appesanti, quant à lui, sur la disparition du journaliste du ‘’Daily Observer’’, Ebrima Manneh.

‘’Depuis trois ans, nous ne savons s’il est en vie ou pas. Il a été arrêté à son lieu de travail et depuis lors rien’’, a expliqué M. Bojang, aux journalistes sénégalais.

Au cours de cette manifestation, des jeunes arborant des tee-shirts noirs avec des inscriptions jaunes étaient massés devant la salle d’où se tenait la conférence de presse, sur lesquels on pouvait lire : ‘’Gambie halte au règne de la peur’’.

Selon un document d’Amnesty international remis à la presse, la situation des droits humains en Gambie s’est aggravée depuis le coup d’Etat avorté de mars 2006. Des journalistes sont illégalement arrêtés ou portés disparus et des journaux ont été fermés depuis cette période.

Selon la même source, quelques 1000 personnes ont été enlevées dans le district de Foni Kansala.

P.-S.

NMS/SAB
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