Il était accusé d’avoir mortellement blessé son frère, à Herbignac. Le verdict est tombé hier.

NANTES

« Je n’ai jamais voulu ça. C’était mon frère. Je l’aimais. Je l’ai perdu. En prison, il n’y a pas un jour où je ne pense à lui. Je n’ai jamais voulu ça pour ma famille ».

Ce sont les derniers mots prononcés par l’accusé hier matin, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Hier, après une journée et demi de débats (lire aussi nos éditions d’hier), la cour d’assises de Loire-Atlantique a reconnu le jeune homme de 24 ans coupable. Pour avoir porté un coup de couteau mortel à son frère Arnaud, 19 ans, au petit matin du 1er janvier 2008 à Herbignac, il a été condamné à cinq ans d’emprisonnement.

Huit ans requis

En début de matinée, l’avocat général, Michèle Pierson, avait requis huit ans d’emprisonnement.

En l’accusé, elle a vu pendant le procès « quelqu’un de froid », qui est encore « loin d’avoir mesuré sa responsabilité ».

« Je m’inquiète d’une absence d’autocritique », a ajouté le ministère public. « Ce qui le touche dans tout ça, ce n’est pas ce qu’il a fait, mais la souffrance de ses parents ».

Le soutien des siens

La défense, elle, a demandé l’indulgence de la cour. S’appuyant sur les rapports des experts, Me Christine Guillet-Magnier a rappelé que son client ne présentait « aucune dangerosité ». Qu’« aucun risque de récidive » n’avait été relevé. Ni « aucune pathologie » d’ailleurs. « La pire des sanctions lui a déjà été infligée », a plaidé Me Christine Guillet-Magnier.

« La souffrance d’une famille »

« Sa vie a basculé le jour où les gendarmes ont prononcé cette phrase : «Tu ne reverras plus jamais ton frère». Prolonger sa détention serait prolonger la souffrance d’une famille entière », a-t-elle ajouté. « Entre le cimetière et la prison, ses parents, extrêmement courageux et honnêtes, n’ont jamais cessé de le soutenir ».

Hier, comme à chaque suspension d’audience, les parents de Jérôme Nicolas se sont précipités vers le box pour embrasser l’accusé, leur fils.

Il a déjà purgé deux ans de prison, dans le cadre de la détention provisoire

Anne-Hélène Dorison

Rivalité fratricide aux assises


Me Christine Guillet-Magnier défend les intérêts de Jérôme Nicolas, devant la cour d’assises. Photo AHD

Les frères, de 19 et 22 ans, entretenaient « une relation compliquée ». Verdict aujourd’hui.

« L’un de mes fils est mort. L’autre est en prison. C’est dur… Alors j’évite d’en parler. » Une mère en larmes. Un père qui tente de s’expliquer comment tout cela a pu arriver. Des copains, qui retiennent le souvenir d’une « bonne soirée ». Et un accusé, qui répète n’avoir « pas voulu » cet épilogue.

Au petit matin du 1er janvier 2008, Arnaud Nicolas, 19 ans, est retrouvé mort, près de chez lui, à Herbignac. Son frère, Jérôme, 22 ans, est réveillé par les gendarmes. Il comparaît depuis hier devant la cour d’assises de Loire-Atlantique pour «coups mortels.»

Ce réveillon n’avait pourtant pas si mal commencé. Finalement. Arnaud était convié à passer la soirée chez ses cousins. Jérôme, lui, n’était arrivé que vers 23h30. « On ne voulait pas les inviter ensemble pour qu’ils ne s’engueulent pas », se souvient l’un d’eux. Tous en témoignent: « Les deux frères se disputaient souvent. » « Ce n’était pas la guerre, tempère leur père. Mais ils étaient différents, c’est vrai ».

Jérôme, c’est le « bon p’tit gars ». « Dans son petit monde », il traverse la vie sans faire de bruit. Le jeune électricien a peu d’amis. Arnaud, lui, est « impulsif ». Il « fallait que ça bouge », dit son père. « Il prenait facilement le dessus sur son frère », ajoute sa mère.

Dans leur relation, l’expert psychiatre relève « une dimension de rivalité fraternelle exacerbée ».

« Il voulait toujours prouver qu’il était le meilleur, il cherchait toujours la bagarre. Moi, j’essayais toujours de l’éviter », plaide l’accusé. Juste avant le drame, Jérôme est soulagé. Ce soir-là, « tout se passe bien » avec son frère. « Mais Arnaud a cru que je parlais mal de lui et il s’est énervé… » Jérôme essuie une claque et décide de rentrer, « pour éviter que ça ne dégénère ». Mais son frère le provoque. « Il m’a dit «Viens te battre» ! » Arnaud le rattrape en courant. Ils ont bu. Nouvelle dispute. « Au loin, on a entendu Jérôme lui dire d’arrêter », se rappellent les témoins. « Mais il m’a bousculé. Alors j’ai sorti mon couteau pour lui faire peur… Dans le déséquilibre, je lui ai donné un coup sans m’en rendre compte. »

Jérôme Nicolas est rentré dormir, non sans s’être débarrassé de l’arme en chemin. « Je croyais ne l’avoir blessé que légèrement… » Arnaud a fait quelques pas dans l’autre direction avant de s’effondrer.

Anne-Hélène Dorison

2 réponses
  1. Cabane Mikael
    Cabane Mikael dit :

    Le père et la mere des enfants, ont fini par vendre leurs entreprise de carrosserie. mais cette histoire et le faite que leurs parents ne pouvaient plus travailer ont mis des personnes comme moi dans un contexte critique. Je n’a pas encore ue la répartion de mon véhicule d’entreprise. J’ai de leurs part un énorme préjudice.

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    • Anonyme
      Anonyme dit :

      Sombre abruti, tu imagines l’impact que pourrait avoir tes mots si les parents les lisaient ?
      Un de leurs fils est mort, l’autre est en prison et toi, tu te plains de ne pas avoir récupéré ta voiture ? Tout ça leur est tombé dessus sans prévenir, et toi tu te plains comme si ils étaient responsables !
      « Alors j’évite d’en parler », tels étaient les mots de la mère, cités plus haut dans l’article. Si tu l’avais lu correctement, tu n’aurais sûrement pas révélé​ le fait qu’ils aient vendu et qu’ils ne pouvaient plus travailler, c’est un drame et je ne pense pas que ce soit judicieux de révéler de telles choses.
      La prochaine fois, réfléchis un peu plus longuement avant d’écrire des idioties inutiles.

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