LESFAITS : Au Cap d’Agde, en juillet 2007, en sortant de boîte, cette étudiante avait été abusée par un SDF. Il a été condamné hier à 9 ans de prison

Elle a rallié Mexico, à 400 km de chez elle, puis traversé l’Atlantique jusqu’à Paris et s’est présentée lundi et hier devant la cour d’assises de Montpellier. « Je ne suis pas quelqu’un qui laisse tomber, je ne voulais pas qu’il casse ma vie plus que ce qu’il m’a déjà fait, qu’il brise encore mes rêves. Et l’idée qu’il ne soit pas puni, ça me faisait peur. Voilà pourquoi je suis venue. » Aline Aguila, Mexicaine de 24 ans, s’exprime dans un français quasiment parfait. Les cheveux bruns ondulés, serrant une photo de la vierge Marie entre ses mains, elle raconte à la cour la nuit d’horreur qu’elle a vécue ce 14 juillet 2007, au Cap-d’Agde, et qui a conduit à la condamnation d’un SDF Moldave, à neuf ans de prison pour viol, hier soir (lire ci-dessous).
Alors brillante étudiante en

management à Caen, la victime effectue un stage d’été à Vendres. Elle accepte, cette nuit de Fête nationale, d’accompagner ses amis sur la plage, pour boire du whisky cola, elle qui, catholique pratiquante, ne sort quasiment jamais, privilégiant avant tout ses études. « J’ai bu, même si je n’étais pas habituée, mais quatre verres, pas plus. Après, nous sommes allés danser à l’Amnésia et à un moment, je me suis sentie très mal, mes amis n’étaient plus là et j’ai marché sur le parking pour les trouver », raconte-t-elle avec précision, malgré ses troubles de mémoire en raison des effets de l’alcool.
C’est alors qu’elle croise l’accusé. Andrei Andriuta, 37 ans, un SDF moldave qui vit alors dans une Mercedes ancien modèle, garée sur le parking du parc d’attractions voisin de l’Amnésia, déjà condamné cinq fois pour des affaires de vols et qui est fortement alcoolisé. Avec deux individus qui ne seront jamais identifiés, il la fait monter dans sa voiture.
« Il m’a obligée à fumer une cigarette, j’avais peur, je ne voulais pas qu’il me fasse de mal. Je me suis endormie et je me suis réveillée, il était en train de me toucher et il m’a obligée à venir sur lui, il était énervé parce que je ne voulais pas… Il était agressif verbalement, j’avais vraiment peur qu’il me tue, j’ai commencé à penser à ma famille au Mexique », poursuit, en sanglotant, la jeune femme, que l’expert psychologue estime traumatisée durablement par les faits. Le marginal, qui refuse de mettre un préservatif, la viole à quatre reprises.
Au petit matin, alors qu’Andriuta veut l’amener dans un hôtel, elle parvient enfin à s’enfuir et à donner l’alerte.
Peu bavard, l’accusé, aidé par une traductrice en russe, livre de son côté une version qui n’a convaincu personne : « On a conversé, on a bu du champagne, elle rigolait et c’est elle qui est venue sur moi, j’ai compris qu’elle était d’accord », affirme-t-il en se contredisant sur de nombreux points.
« J’ai pleuré, j’ai dit : « Laissez-moi », j’ai mis toute la résistance que je pouvais », rétorque-t-elle, convainquant définitivement la cour.

Yanick PHILIPPONNAT
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