Cameroun: 3 journalistes et un enseignant en justice après un débat télévisé

AFP 09.01.10 | 19h10

Trois journalistes et un enseignant camerounais ont été inculpés pour avoir notamment « relaté publiquement » lors d’un débat télévisé « une procédure judiciaire non encore jugée » liée à une affaire de corruption, a appris samedi l’AFP auprès d’un des intéressés.

Vendredi, « j’ai reçu d’un huissier de justice une citation à comparaître le 12 janvier » devant un tribunal de Douala, la capitale économique, a expliqué le journaliste Alex Gustave Azebaze.

Selon la citation, « il m’est reproché d’avoir +relaté publiquement une procédure judiciaire non encore définitivement jugée+ et +révélé sans autorisation un fait confidentiel+ », a-t-il ajouté.

Deux autres journalistes, Anani Rabier Bindji de la télévision privée Canal 2 et Thierry Ngogang de la télévision privée STV2, ainsi que le professeur d’université Aboya Manasse Endong ont reçu une citation similaire, a-t-on appris de sources concordantes.

Tous quatre avaient animé ou participé à un débat télévisé de STV2 le 1er juin consacré à l’opération de lutte contre la corruption « Epervier », lancée fin 2004 par les autorités.

Ils « avaient longuement débattu, preuves à l’appui, de la justice à double vitesse » de cette opération, selon un communiqué du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) reçu samedi par l’AFP.

Le 1er au soir et le 2 juin, les journalistes et le professeur avaient été convoqués et entendus par la Police judiciaire (PJ) de Douala où se trouve le siège de STV2. Ils avaient été interrogés sur leur « motivation à parler de l’opération +Epervier+ sans (…) l’autorisation des autorités », selon M. Azebaze.

Dans son communiqué, le SNJC a dénoncé « une subite offensive punitive du pouvoir contre les médias » visant à anéantir « la presse d’investigation » qui s’intéresse à la corruption dans « un pays considéré par l’ONG Transparency International comme l’un des plus corrompus de la planète ».

Selon lui, les journalistes risquent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement ferme et une amende de 5 millions de FCFA (7.620 euros).

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