Cette nouvelle session débute cette semaine avec deux affaires de la cour d’assises des mineurs. Aujourd’hui et demain, un majeur et un mineur seront jugés pour le braquage de la BFCOI du Port. Et à partir de mercredi, c’est un viol en réunion qui sera évoqué, affaire récemment médiatisée par l’implication d’un certain ministre de la Culture comme témoin de moralité.

AUJOURD’HUI ET DEMAIN : Les braqueurs aux pieds nickelés tombent en panne

Novembre 2007, deux jeunes gens de 17 et 22 ans ont la riche idée de braquer une agence bancaire de la BFCOI du Port. Mal préparés, les deux garçons font cependant des erreurs d’amateurs et se font prendre quelques minutes plus tard alors qu’ils sont en train de faire un plein dans une station-service. Habillés d’une veste avec cagoule, le visage dissimulé dans un tee-shirt, les deux garçons pénètrent dans la banque en milieu de matinée, armés d’un fusil de chasse 14 mm non chargé. Sous le masque, Cédric Ankibo, 22 ans, et un mineur bien connu au Port pour ses faits de délinquance. Tandis que tout le monde est tenu en respect par l’arme d’Ankibo, le mineur passe derrière le comptoir et s’empare d’un petit coffre-fort. Le braquage réalisé, les deux prennent la fuite à bord d’une Renault Symbol blanche. Les policiers du commissariat du Port sont immédiatement alertés. Et pour cause, les deux braqueurs ont choisi l’agence qui se situe… face au commissariat ! Les témoins du braquage donnent une description détaillée des deux hommes ainsi que celle de la voiture avec laquelle ils ont pris la fuite. Les policiers se lancent à leur poursuite. Et découvrent quelques minutes plus tard, les deux garçons en train de faire le plein dans une station-service. Ils étaient tombés en panne. À l’intérieur du véhicule, les policiers découvrent le fusil, appartenant au mineur, le coffre-fort et les 18 900 euros qui sont à l’intérieur.Lors de l’instruction, Ankibo participe pleinement à l’enquête. Une attitude qui finira par payer puisque le garçon obtient de la chambre de l’instruction un placement sous contrôle judiciaire en octobre 2008 qui lui permet de travailler comme peintre en bâtiment à Saint-Pierre. L’amateurisme des deux jeunes gens risque de plaider en leur faveur mais ils encourent néanmoins la peine de vingt ans de réclusion criminelle pour le majeur et dix ans pour le mineur

À PARTIR DE MERCREDI : Les “filleuls” de Mitterrand rejugés pour viol collectif

Dans la nuit du 7 au 8 août 2006, une jeune adolescente de 16 ans fugue de chez ses parents pour rejoindre son petit-ami dans un quartier de Petite-Ile dans le sud de l’île. Au cours de la soirée, la jeune femme est abordée par cinq jeunes gens. Tour à tour, trois d’entre eux lui imposent des relations sexuelles sous la menace d’un couteau. Quelques jours plus tard, un jeune homme qui aurait été présent le soir du viol est retrouvé mort. Sandro Lallemand aurait menacé ses dalons de les dénoncer. Jean-Freddy Fontaine et Joyce Smith sont les deux meurtriers. En novembre 2008, les deux hommes sont condamnés à vingt ans de réclusion criminelle. Mais le mobile du meurtre n’est jamais abordé. D’autant que Freddy Fontaine nie sa participation au viol. Pourtant, le garçon est bien mis en cause par la victime. Ainsi que deux autres jeunes hommes, les frères Léo et Romain K. dont l’un était mineur au moment des faits. En mars 2009, les trois hommes sont jugés par la cour d’assises des mineurs de Saint-Denis. Les trois garçons nient fermement. Les frères K. n’hésitent pas à revenir sur leurs précédentes déclarations affirmant avoir été poussés à bout pendant la garde à vue. Quant à Freddy Fontaine, il s’en tient à sa ligne de conduite. Il n’a rien fait. Les deux avocats de la défense, Me Amel Khlifi-Ethève et Me Saïd Larifou, n’hésitent pas à remettre en doute la moralité et les dires de la victime. Une ligne de défense qui révulse l’avocat de la jeune fille, Me Mickaël Nativel. Au final, Jean-Freddy Fontaine est condamné à quinze ans de réclusion criminelle et les frères K. à huit années d’emprisonnement chacun. À l’époque, la lettre d’un certain témoin de moralité était passée inaperçue. La mère des frères K., ancienne maquilleuse de Frédéric Mitterrand avait pourtant utilisé sa relation privilégiée avec l’homme de lettres pour apporter une caution morale à ses fils, dont l’un d’eux est le filleul de l’actuel ministre. Un courrier qui pèse un peu plus lourd aujourd’hui dans la balance de la justice. C’est du moins ce que pense Me Saïd Larifou, l’avocat des deux frères, qui n’a pas hésité à faire citer le ministre pour le procès d’appel qui se tiendra à partir de mercredi. Pour ce second procès, les avocats de la défense ont l’intention de plaider l’acquittement comme en première instance. Mais avant cela, Me Saïd Larifou a annoncé qu’il n’hésiterait pas à demander la délocalisation du procès. L’avocat estime que la polémique Mitterrand risque d’entacher le procès. Requête qui a cependant peu de chances d’être acceptée par les magistrats. Déjà la semaine dernière, l’avocat utilisait le même argument pour demander une remise en liberté de ses clients devant la chambre de l’instruction. Requête qui avait été rejetée. L’avocat qui s’insurgeait de la parution du courrier envoyé par le ministre, avait particulièrement agacé l’avocat général François Basset. “Vous pensez que la justice n’a que cela à faire, passer son temps à violer la présomption d’innocence des gens ?”, avait rétorqué le représentant du parquet. François Basset siégera pour le ministère public pour cette nouvelle audience qui promet d’être riche en effets de manches

CLICANOO.COM | Publié le 26 octobre 2009

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