Parmi les pièces à conviction, les clés de la voiture dans laquelle a été retrouvée la victime. Elles ont été retrouvées au domicile de l’amie de l’accusé.
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04 juin 2009
Le prévenu a tenté de sortir du box des accusés, proférant des menaces envers la salle et les policiers.  Avant de déserter son procès.
ACCUSÉ de vol avec violences ayant entraîné la mort d’Hamid Aissani, le 11 novembre 2005 à Joigny (lire notre édition d’hier), Sofien Benabib, 22 ans, n’avait aucune envie de participer à son procès (qui pourrait se terminer ce soir). Il l’a dit, hier matin, au président de la Cour d’assises de l’Yonne Joseph Ancel, avant même que ne s’engagent les débats : Il ne dira rien. Pas même son nom.
« Je vais te niquer… »

Aussi quand il est revenu sur cet engagement, répondant à la première question du président, ce dernier l’a encouragé à poursuivre : « Je compte sur vous pour que vous vous calmiez intérieurement. Soyez acteur de votre procès, sinon vous ressasserez cela pendant des heures et des heures. »
L’accusé a bien été acteur… Mais pas dans le sens souhaité. Le procès n’avait démarré que depuis une trentaine de minutes, quand Sofien Benabib s’est violemment emporté en direction d’une personne qui figurait parmi le public. Hors de lui, il a lancé une bouteille d’eau dans sa direction avant de tenter de franchir la porte qui sépare le box de la salle d’audience.

Ceinturé par les deux policiers qui l’encadraient, il a alors retourné sa colère contre ses gardiens, physiquement et verbalement : « Enlève ta main, je te tue. Je vais te niquer… » Il faudra le renfort de trois autres policiers pour parvenir à le maîtriser.

De multiples versions
En fin de matinée, après l’évacuation de la salle et l’arrivée de renforts policiers, les débats ont repris.
Calmé, Sofien Benabid a affirmé ne pas vouloir assister à son procès. Une décision qui a entraîné une nouvelle suspension, le temps d’un constat d’huissier.
Son avocat commis d’office, Me Franck Princet, demandera le renvoi de l’affaire. Sans succès.
Les jurés devront donc se passer de l’accusé et de ses explications. Pas sûr qu’elles les aient éclairés sur le déroulement de ce drame qui a vu un homme roué de coups, blessé avec un couteau et une manivelle, puis asphyxié dans le coffre de sa propre voiture en partie incendiée.
L’accusé ayant multiplié les versions des faits au cours de l’enquête (lire ci-contre).
Vêtements couverts de sang

Face à ces dépositions, il y a les relevés des communications téléphoniques qui balisent sa soirée pas à pas. Il y aussi les témoignages renouvelés hier par quelques-uns des acteurs. Des amis, avec lesquels il a bu de la vodka avant le drame, rappellent qu’il avait décidé d’aller « emprunter une BMW à un bouffon ». Quitte à le tabasser s’il le fallait. Témoignage encore de l’amie qui l’a vu arriver les vêtements couverts de sang. Elle lui refusera la boîte d’allumettes qu’il lui réclamait, de peur que ce non-fumeur en fasse mauvais usage. Témoignage d’une autre amie qui n’aura pas cette présence d’esprit.
Il y a aussi les implacables conclusions des analyses. Elles identifient des traces d’ADN de l’accusé sur la voiture de la victime. Elles identifient son ADN sur le manche du couteau avec lequel la victime a été agressée.

« Sofien, mon frère, arrête »
Les gendarmes qui se sont succédé à la barre, hier, ont fait état de quatre versions différentes livrées au cours de sa garde à vue par l’accusé, quelques heures après le drame. Le jeune homme semblant ajuster son discours à mesure que les témoignages recueillis le mettaient en difficulté. Sofien Benabib aurait ainsi appelé la victime pour qu’il l’emmène en boîte de nuit avec sa voiture. Une victime enregistrée dans l’agenda du portable de l’accusé, sous trois lettres : BMW. Taxi quoi…

D’autres versions suivront : l’attaque par quatre jeunes de Saint-Florentin pour expliquer ses vêtements couverts de sang. La rencontre d’un Turc aux vêtements maculés de sang, qui aurait, à son insu, glissé dans ses poches les clés de la BMW et le téléphone portable de la victime retrouvés au domicile de sa petite amie lors des perquisitions. Autre Turc, qui lui aurait promis 900 euros pour donner une leçon à Hamid Assaini, prétendument coupable d’avoir couché avec la fille de ce commanditaire. Nouvelle version, la bonne ? : Il aurait téléphoné à Hamid Aissani pour lui proposer un plan filles au lieu-dit « La baignade », à Joigny. Il l’aurait ensuite roué de coups avec ce qu’il aurait trouvé sous la main pour l’empêcher de s’enfuir. Voyant qu’il avait perdu connaissance, il l’aurait chargé dans le coffre de la BMW, avant de décider d’incendier le véhicule dans un quartier de Joigny, malgré l’appel au secours de la victime, depuis le coffre : « Sofien, mon frère, arrête ». Les deux jeunes étaient presque voisins de palier.

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