Troisième jour de procès pour Jacqueline Boissinot, accusée de complicité dans l’assassinat de son mari et toujours pas d’explications. Verdict ce soir.

Cour d’assises d’appel du Loiret

C ‘était vraiment la personne idéale pour se faire entourlouper, vient témoigner un des voisins de Guy Denizot. Au bout de trois jours de débats (NR de mardi et mercredi), il est encore très difficile de se forger une intime conviction. Une chose est sûre, Jacqueline Boissinot, poursuivie pour complicité dans l’assassinat de son mari, n’est pas du tout disposée à se laisser condamner.
Très à l’aise dans ses réponses, elle martèle : « Vous ne me laissez pas terminer ! » « Madame la présidente, vous commencez à me connaître. » « Je me suis déjà expliquée, je n’ai pas à revenir là-dessus. »
Les magistrats disposent de maigres indices. Pas d’arme, pas de témoin, pas d’aveux. Alors, qui a tué Guy Denizot ? Qui lui a porté les huit coups de couteau à son domicile de Vendôme en septembre 1993 ? Quelqu’un a-t-il commandité ce meurtre ? Si les questions sont inlassablement posées, elles ne trouvent aucune réponse.
Dans le box, assise sur un fauteuil, la parole facile, trop facile peut-être, Jacqueline Boissinot, sur laquelle plane l’éventualité d’une longue peine de réclusion criminelle, se bat bec et ongles. D’autant que des témoignages lui sont particulièrement défavorables.
Citée à la demande des parties civiles, une graphologue vient attester qu’un avenant au testament de Guy Denizot a été rédigé par sa veuve.
Dans l’après-midi, la présidente Catherine Paffenhoff revient à la charge. « Expliquez-nous. Des témoins, dont votre fils, nous disent que vous avez évoqué l’idée de recruter un tueur à gages ! » « Cela n’engage que lui », ne cesse de répondre l’accusée.
« Comment expliquer le témoignage de votre fils lorsqu’il dit à plusieurs reprises je l’ai regardée dans les yeux, maman, ce n’est pas toi qui l’as fait ? Pourquoi un doute germe-t-il dans son esprit ? »
L’accusée ne peut lui expliquer : « Je n’en sais rien. Parfois, on s’enferre dans un mensonge et on ne peut plus dire la vérité. »
« Madame la présidente, il faut écouter ma cliente, elle ne dit pas des mensonges », s’exclame Me Sandrine Audeval

L’audience suspendue

Mais poussée par les questions de la présidente, Jacqueline Boissinot finit par craquer. En pleurs, prise de tremblements. « Madame la présidente, votre questionnement n’est pas honnête ! »
La cour suspend l’audience.
A la reprise, c’est Me Trémolet de Villers qui revient à la charge : « Comment expliquez-vous que vous soyez allée déposer le testament chez le notaire, le 14 octobre 1993, soit un mois après la mort de votre mari ? » « C’est faux ! »
Aux interrogations, l’accusée répond parfois par d’autres questions, ce qui irrite l’avocat général. « Vous orientez les soupçons sur le neveu de la victime ! Vous vous ménagez un alibi, pourquoi ? Vous faites en sorte que l’on vous suive à la trace ! Que faisiez-vous entre le 20 et le 21 septembre 1993 ? »

“Je n’avais pas à me fabriquer un alibi”

« On ne m’a jamais posé la question, je n’avais pas à me fabriquer un alibi, je n’ai rien à prouver, je n’ai rien fait. »
« Madame Boissinot, une dernière question ! » « C’est toujours la dernière, répond l’accusée, je n’en peux plus. »
« Je vous rappelle qu’elle est poursuivie pour complicité », intervient Me Audeval.
« Il y a un certain acharnement, on me remet sur un tabouret d’accusée, Je vais essayer d’être calme ! Mais à Blois, on m’écoutait », ajoute l’accusée.
Aujourd’hui, place à la partie civile, au réquisitoire et à la plaidoirie de la défense. Le verdict est attendu dans la soirée.

Renaud Domenici

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