Vendredi 02 Octobre 2009

SAINT-QUENTIN Assises : l’acte gratuit réfuté par les parties civiles

Maître Catherine Pinchon (second plan) a démoli d'avancela stratégiede la défense.(Dessin B. Lefebvre)

Maître Catherine Pinchon (second plan) a démoli d’avancela stratégiede la défense.(Dessin B. Lefebvre)

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Séquence émotion hier matin au troisième jour du procès pour le meurtre de Michel Deguise en 2007 à Saint-Quentin. À la cour d’assises de l’Aisne, l’audition des parties civiles, notamment celle de la maman de la victime, ont été poignantes. Tous pleurent un jeune homme réputé pour son extrême gentillesse.

Si Alexis Grévin, un des deux accusés, avait entrouvert une porte sur une possible inconduite de la petite amie de Michel Deguise, celle-ci l’a très vite refermée. Elle a voulu couper court aux rumeurs qui ont circulé sur son compte à Saint-Quentin.

Certes, elle a eu une courte aventure avec le principal accusé, Alexis Grévin, mais elle a affirmé être restée fidèle à Michel Deguise. Elle a donné son point de vue sur le mobile du drame : « Michel avait une belle vie et Alexis une vie de m… e. » Laissée en suspens depuis mardi, sa partie civile a finalement été déclarée recevable hier.

Les experts n’ont pas apporté de réponse sur un mobile éventuel. Les examens psychologiques d’Alexis Grévin et de Yohan Levert – accusé de complicité – sont normaux. Ils n’ont décelé chez eux aucune pathologie, ni de dépendance toxicologique, ni haine, ni virulence. Leur culpabilité semble authentique et ils veulent assumer leurs responsabilités.

Le médecin légiste a déclaré que le geste d’Alexis Grévin se situait entre le faible et le moyen, en dépit de l’intensité de la blessure. De quoi renforcer la thèse de l’homicide involontaire pour la défense.

« Je suis en colère »

Face à ces résultats et à l’attitude des deux accusés, Me Catherine Pinchon, défenseur de la famille Deguise, a fait connaître, plus que de la déception, de la colère, parce que la famille de la victime n’a pas obtenu de réponse valable.
« Michel était un grand gaillard et un mot le définissait : gentil. Il était le fils parfait, le gendre idéal. »

Me Pinchon a mis en avant des évidences, celle de la mort d’une victime passive, face à un « égorgeur » qui l’avait choisie pour cible. Elle a démoli d’avance la stratégie de la défense. « Il n’y a pas de gratuité dans cet acte. Alexis Grévin n’a pas admis que celle avec laquelle il avait eu une relation, soit heureuse avec son compagnon et les circonstances de la soirée… l’alcool aidant. »

Échauffé au cours de cette nuit au Seven, une discothèque du Nord, Alexis Grévin aurait alors été dépassé par sa haine, comme un fauve bondit sur sa proie. « Que fait un fauve pour tuer ? Il s’en prend à la gorge de sa victime. C’est ce qu’a fait Alexis Grévin », a conclu Me Pinchon.

Le verdict sera rendu ce soir.

FRANÇOISE.-J. CHÉRUY

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