Allemagne : début du procès des caisses noires de l'Union chrétienne-démocrate

LE MONDE | 19.01.10 | 15h34  •  Mis à jour le 19.01.10 | 15h34

e marchand d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber, figure-clé du scandale des « caisses noires » de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) dans les années 1990, comparaît depuis lundi 18 janvier devant le tribunal d’Augsbourg (Bavière) pour fraude fiscale et corruption. Extradé du Canada vers l’Allemagne en août 2009, ce sulfureux personnage qui jouait les intermédiaires pour le conglomérat industriel Thyssen-Krupp et l’avionneur européen Airbus, est accusé d’avoir détourné 12,3 millions d’euros entre 1988 et 1993 dans le cadre de plusieurs ventes internationales d’armes.

Lors de l’ouverture de son procès, M. Schreiber a rejeté en bloc ces accusations par l’entremise de son avocat, soulignant qu’il n’avait pas agi seul. « Il n’y a eu aucun contrat sans contrepartie et il n’y a eu aucune affaire sans qu’un politicien soit mêlé « , a-t-il fait savoir. Le magazine Der Spiegel affirme qu’il pourrait divulguer des informations embarrassantes pour l’Union chrétienne sociale (CSU), qui gouverne avec la CDU et le FDP au niveau fédéral.

Cécile Calla
Article paru dans l’édition du 20.01.10

Procès en Allemagne : Karlheinz Schreiber rejette les accusations

lundi 18 janvier 2010 par marieagnes

Procès en Allemagne : Karlheinz Schreiber rejette les accusations

Le marchand d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber a rejeté les accusations de fraude fiscale et de complicité de corruption et d’abus de confiance. Son procès s’est ouvert ce lundi en Allemagne.

« Je rejette complètement l’acte d’accusation qui a été lu et conteste les reproches », formulés à mon encontre, a fait savoir M. Schreiber par le truchement de son avocat devant le tribunal d’Augsbourg. Figure clé du scandale du financement occulte (« les caisses noires ») de l’Union démocrate-chrétienne (CDU) à la fin des années 90, M. Schreiber a dit être prêt à faire des révélations détaillées au cours de ce procès. Le parquet d’Augsbourg l’accuse notamment d’avoir fraudé le fisc de plus de 12,3 millions d’euros.

Doté de la double nationalité allemande et canadienne, M. Schreiber, âgé de 75 ans, a été extradé en août du Canada vers l’Allemagne à l’issue d’une bataille juridique qui a duré dix ans. Il risque 15 ans d’emprisonnement Le scandale des caisses noires avait éclaté quand M. Schreiber avait avoué un « don » d’un million de deutschemarks (environ 750’000 francs de l’époque) à la CDU en 1991 dans le cadre d’une vente de blindés à l’Arabie Saoudite lors de la guerre du Golfe.

La remise de cet argent sur un parking en Suisse avait déclenché l’ensemble de l’affaire. M. Schreiber avait également ouvert des comptes à Zurich et disposait d’un domicile à Pontresina (GR).

L’affaire des caisses noires de la CDU avait précipité la chute politique de l’ancien chancelier Helmut Kohl, déjà battu aux élections législatives de 1998. Elle a aussi permis l’ascension de la chancelière actuelle Angela Merkel, qui s’était distancée à l’époque de M. Kohl.

Source : www.sda-ats.ch – 18.01.2010 13:22

Procès Schreiber: le Germano-canadien rejette les accusations

AUGSBOURG (Allemagne) – Le marchand d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber a rejeté lundi les accusations de fraude fiscale et de complicité de corruption et d’abus de confiance, à l’ouverture de son procès en Allemagne.

« Je rejette complètement l’acte d’accusation qui a été lu et conteste les reproches », formulés à mon encontre, a fait savoir M. Schreiber, 75 ans, par le truchement de son avocat devant le tribunal d’Augsbourg (sud de l’Allemagne).

Figure clé du scandale du financement occulte (« les caisses noires ») de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) à la fin des années 90, M. Schreiber s’est déclaré disposé à faire des révélations détaillées au cours de ce procès.

Le parquet d’Augsbourg l’accuse notamment d’avoir fraudé le fisc de plus de 12,3 millions d’euros entre 1988 et 1993, dans le cadre de plusieurs ventes internationales d’armes (des blindés Fuchs à l’Arabie saoudite, des hélicoptères au Canada et des avions à la Thaïlande).

Il est aussi poursuivi pour complicité de corruption et d’abus de confiance, pour avoir soudoyé un ancien secrétaire d’Etat à l’Armement du gouvernement d’Helmut Kohl, Ludwig-Holger Pfahls (CDU), ainsi que deux cadres du groupe Thyssen.

Possédant la double nationalité allemande et canadienne, M. Schreiber a été extradé en août du Canada vers l’Allemagne à l’issue d’une bataille juridique qui a duré dix ans. En détention provisoire depuis août, il risque 15 ans de prison.

Le scandale des caisses noires avait éclaté quand M. Schreiber avait avoué un « don » d’un million de deutschemarks (environ 500.000 euros) à la CDU en 1991 dans le cadre d’une vente de blindés à l’Arabie saoudite pendant la guerre du Golfe.

L’affaire avait précipité la chute politique du « chancelier de la Réunification » Helmut Kohl, déjà battu aux élections législatives de 1998, et permis l’ascension de l’actuelle chancelière Angela Merkel.

Arrivé tout sourire à l’ouverture de son procès lundi, Karlheinz Schreiber a d’abord souhaité « une heureuse nouvelle année à tous », avant d’assurer par la voix de son avocat que « l’essentiel des jalons (de ce qu’on lui reproche) avaient été posés par des responsables politiques ».

« Ce n’est pas concevable qu’un entrepreneur isolé de Bavière puisse aller se balader d’un gouvernement à l’autre et réaliser des projets d’une telle ampleur » tout seul, a souligné M. Schreiber dans sa déclaration.

Il a assuré que l’ancien chef du gouvernement bavarois, Franz Josef Strauss, alias « le taureau de Bavière », avait joué un « rôle essentiel », tout comme l’ancien chef du gouvernement de la province canadienne de Terre-Neuve (est du Canada), Frank Moores.

Le président de la cour Rudolf Weigell a sévèrement critiqué ces déclarations « générales » qui « ne font pas avancer » le procès et a estimé inacceptable que M. Schreiber déclare avoir donné de l’argent mais ne plus se souvenir à qui.

Il a enfin exigé du marchand d’armes d’être à l’avenir plus « concret » dans ses propos.

(©AFP / 18 janvier 2010 18h13)

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