Après deux semaines de trêve, pendant les fêtes de fin d’année, les audiences reprendront demain à la cour d’assises du Var, pour la première des onze sessions de l’année 2010.

Les conseillers Jean-Luc Tournier et Anne Segond présideront alternativement les débats pendant deux semaines, quatre affaires criminelles étant inscrites au rôle. Dans deux d’entre elles, l’abus d’alcool a vraisemblablement eu une part déterminante, même si l’ivresse n’est pas une circonstance atténuante.

Coups de couteau après boire à La Valette

Que s’est-il exactement passé, l’après-midi du 19 septembre 2008, dans l’appartement de l’avenue Picasso où résidait Jacques Hartmann, à La Valette ?

Peu après 20 heures, les policiers ont découvert celui-ci très grièvement blessé au thorax par arme blanche. Il n’a pas survécu, en dépit des efforts des secours.

Ceux-ci avaient été alertés par Alain Bralia, 57 ans, qui avait encore à la main l’arme du crime, un couteau de cuisine, quand ils sont arrivés. La victime et son agresseur avaient beaucoup bu, et il a fallu attendre une nuit de dégrisement avant qu’Alain Bralia ne soit en mesure de s’expliquer.

Les deux hommes se fréquentaient régulièrement, depuis qu’ils avaient subi ensemble plusieurs cures de désintoxication alcoolique. Ce jour-là, ils étaient tous les deux déjà ivres, quand ils étaient allés déjeuner dans un snack du quartier. Ils en étaient ressortis dans un état pitoyable, un peu avant 16 heures, pour rejoindre l’appartement de Jacques Hartmann afin de cuver.

Selon Alain Bralia, son ami lui aurait fait dans la cuisine des propositions homosexuelles, en joignant le geste à la parole. Il s’est alors emparé d’un couteau et lui en aurait porté un coup au visage pour le repousser. Il a ensuite tenté d’appeler les secours.

Cette version, où Alain Bralia a contesté toute intention homicide, n’explique pas les nombreuses blessures subies par la victime, et surtout la plaie profonde au coeur qui a causé la mort de Jacques Hartmann.

Accusé de meurtre, il sera défendu par Me François Jurain, alors que Me Laurent Pozzi-Pasquier assistera la famille de la victime.

Un marginal tabassé à mort à Toulon

L’univers parfois impitoyable des gens de la cloche sert de trame aux événements qui ont entraîné la mort violente, le soir du 15 juin 2007, de Francis Sitges à Toulon. Ce clochard de 41 ans, fortement alcoolisé, a été retrouvé mort cette nuit-là, dans un fourré du square Roger-Jouvet, à Saint-Jean-du-Var.

L’autopsie a révélé qu’il avait été passé à tabac avec une violence inouïe. Côtes fracturées sur la poitrine et dans le dos, multiples fractures du crâne, coup violent à la gorge, il avait succombé à un ensemble de graves blessures.

Les soupçons se sont rapidement portés sur les autres clochards qui avaient passé la soirée en sa compagnie. Parmi eux, plusieurs témoignages ont été recueillis, dont on ne peut s’empêcher de penser que la fiabilité est inversement proportionnelle au taux d’alcoolémie des uns et des autres au moment des faits.

Il en est ressorti la mise en cause de Germain Pelletier, 25 ans, et Alain Carichon, 39 ans, deux sdf habitués du quartier, qui avaient connu la victime aux « Enfants de Jéricho ».

L’un et l’autre ont reconnu avoir porté des coups à Francis Sitges, minimisant leur violence. Cette bagarre au long cours aurait débuté dans l’après-midi, les protagonistes se soupçonnant les uns les autres d’avoir volé de l’argent. Le contexte de misère et d’alcoolisation générale expliquant l’acharnement qui a coûté la vie à Francis Sitges.

Personne ne représentera les intérêts de la victime au procès, qui se déroulera mercredi 6 et jeudi 7.

Me Corinne Caillouet-Ganet assurera la défense de Germain Pelletier, et Me Diana Remont celle d’Alain Carichon.

G. D.


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