(AFP) –

VERSAILLES — André Bamberski, le père de la jeune Kalinka retrouvée morte en Allemagne en 1982, a fait appel fin juillet d’une ordonnance de non-lieu rendue par un juge d’instruction de Versailles, a-t-on appris mardi de source judiciaire confirmant une information du Figaro.

L’information judiciaire, ouverte à la suite d’une plainte en 2002 de M. Bamberski qui dénonçait notamment des pressions des autorités allemandes sur des magistrats français, portait sur des chefs « de recel de malfaiteur, corruption et acte d’intimidation envers des magistrats ».

L’ordonnance de non-lieu, rendue le 17 juillet par la juge d’instruction Nathalie Poux et dont l’AFP a obtenu copie, conclut que les « investigations ainsi réalisées ont permis d’établir un certain nombre de faits dénoncés par Monsieur Bamberski s’agissant de la mise à exécution tardive de l’arrêt de contumace (…) et des interventions des autorités diplomatiques allemandes auprès du ministère de la Justice, mais également du procureur général de Paris et du président de la cour d’assises de Paris. »

« Toutefois, ces dysfonctionnements n’apparaissent pas constitutifs d’infractions pénales », ajoute Mme Poux.

Pour André Bamberski, joint par l’AFP, « l’intérêt de cette ordonnance de non-lieu est qu’elle démontre que les faits dénoncés sont avérés, avec des éléments de preuve écrite de la collusion entre les autorités allemandes et françaises ».

« En faisant appel, j’ai bon espoir que d’autres investigations seront ordonnées et que les quatre magistrats (entendus comme témoins dans cette affaire, NDLR) seront mis en examen », a-t-il ajouté.

Le cardiologue allemand Dieter Krombach a été condamné par contumace en France en 1995 à 15 ans de prison pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et non pour meurtre, envers la jeune Kalinka Bamberski, une jeune Française d’origine polonaise morte à l’âge de 14 ans en 1982.

La jeune fille est décédée au cours d’un séjour chez le cardiologue et compagnon de sa mère à Lindau, sur le lac de Constance (sud-ouest).

Pour son père, le décès est lié à des injections administrées par le médecin qui, affirme-t-il, voulait droguer Kalinka pour la violer.

Mais la justice allemande avait classé l’affaire sans suite, arguant de l’impossibilité de déterminer la cause du décès.

Dieter Krombach a été également condamné en juillet 2007 à deux ans et quatre mois de prison ferme pour escroquerie et en 1997 à deux ans de prison avec sursis pour abus sexuel sur une patiente de 16 ans qu’il avait anesthésiée au préalable dans son cabinet.

« J’attend que l’affaire reste vivante car Dieter Krombach a été libéré en juin 2008 et est toujours libre en Allemagne parce que la France n’a pas fait le nécessaire pour qu’il purge sa peine », a dénoncé M. Bamberski.

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