JUSTICE | La Cour de cassation de Genève s’est penchée vendredi sur l’affaire de Gabriel Aranda, cet ex-haut fonctionnaire français condamné par les Assises pour avoir violé sa fille pendant des années.

© Patrick Tondeux | Gabriel Aranda

ATS | 16.04.2010 | 16:28

En décembre dernier, cet homme aujourd’hui âgé de 72 ans, a été condamné à trois ans de prison, dont six mois ferme en régime de semi-détention. L’ex-haut fonctionnaire s’était fait connaître dans les années 70 en France en dénonçant des scandales politiques.

Il s’était ensuite fait oublier. Installé à Genève, il se faisait appeler «Monsieur Daumier» et a travaillé pendant 30 ans pour de prestigieuses études d’avocats, dont celle de Marc Bonnant et Charles Poncet qui le défendent dans cette affaire.

La défense conteste le verdict de culpabilité et le ministère public la légèreté de la peine. En une matinée, les avocats de cet homme qui n’était pas présent vendredi ont résumé les grandes lignes du procès. Marc Bonnant a d’emblée rappelé sa «conviction radicale et absolue» que l’ami qu’il connaît n’a pas pu commettre ces faits. Il a réfuté la «force probante» du témoignage tardif d’un des deux frères de la victime sur lequel s’est appuyée la Cour d’assises.

Mensonges

Pour le bâtonnier, le comportement de l’adolescent est incompatible avec ce qu’il prétend avoir vu à deux reprises, à savoir son père imposer une fellation à sa soeur. Le jeune s’était recouché sans un mot. Ne rien dire pendant des années alors que la famille suivait une thérapie lui paraît inconcevable.

Le deuxième avocat de l’ex-haut fonctionnaire, Me Charles Poncet, s’est fendu d’une argumentation beaucoup plus juridique pour justifier le pourvoi. Le jury a été incapable de dire «quand, où et combien de fois les faits se sont produits». Il reproche aussi aux jurés d’avoir tenu compte exclusivement de faits prescrits pour rendre leur verdict.

Pour l’avocat, la fille, aujourd’hui âgée de 32 ans, a menti, notamment sur ses relations sexuelles avec ses différents compagnons. «Le jury s’est fait avoir», selon Me Poncet. «La plainte était trop bien faite et les déclarations trop bien organisées».

Age non déterminant

Le rôle de la Cour de cassation est de dire si l’arrêt des Assises est arbitraire a rappelé le substitut du procureur Marco Rossier. Et la défense n’a pas réussi à rendre manifeste l’arbitraire, malgré deux heures de plaidoiries et un mémoire de 106 page, selon le substitut.

Marco Rossier qui avait requis six ans d’emprisonnement aimerait que le jury reconsidère la peine. Selon lui la Cour d’assises a sous- estimé la fréquence des abus. Les jurés n’auraient pas non plus dû tenir compte de l’âge du prévenu pour fixer sa peine car il ne souffre d’aucune maladie grave.

«Sinistre Janus»

L’avocate de la fille, Me Doris Leuenberger, estime pour sa part que justice a été rendue. Les jurés ont reconnu que sa cliente n’était ni une menteuse, ni une manipulatrice. Elle a rappelé le «sinistre Janus» qu’est l’accusé. Au travail, c’est l’ami alors qu’à la maison c’est un mari et un père despotique.
La Cour de cassation rendra sa décision ultérieurement. Si les juges acceptent les pourvois, un deuxième procès sera organisé.

1 réponse
  1. Asha
    Asha dit :

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