vendredi 12.06.2009, 04:47 – La Voix du Nord

L’affaire remonte au 24 mai. Il est 23 heures, rue Salengro à Achicourt, quand trois personnes, se disant médecins, se font ouvrir la porte par une voisine et entrent de force dans le logement d’un couple d’Achicouriens. Parce qu’il aurait giflé un enfant, le couple a été frappé et menacé. Les trois agresseurs comparaissaient hier au tribunal.

La gravité des faits et la connotation punitive de l’expédition expliquent la décision du parquet de poursuivre le trio en comparution immédiate.

L’audience s’est déroulée hier après-midi, sous les yeux du couple victime, qui s’était constitué partie civile.

L’affaire est un peu compliquée car elle implique deux familles recomposées. Il y a d’un côté C. R., 39 ans, mère au foyer, son ancien concubin mécanicien (37 ans), M. Helbing, et un certain Farid Benali, 39 ans, nouveau compagnon de C. R. depuis deux ans. Farid Benali, vous vous souvenez ?

L’homme qui avait déposé plainte contre Iveco après que le régulateur de vitesse de son camion se serait déréglé il y a un peu plus de trois ans maintenant.

Mais cette fois, c’est bien Farid Benali qui s’est déréglé… Le 24 mai, le trio est particulièrement remonté. J., 18 ans, fils de C. R., vient de rentrer et assure avoir reçu une baffe de sa belle-mère. Mais au lieu d’appeler pour s’expliquer, ils préfèrent se rendre directement chez le père et la belle-mère de J.

« Une fable ! »

Sur place, le ton monte très vite. Farid Benali donne un premier crochet et dégaine une arme (factice ? Elle ne sera pas retrouvée). C. R.

enchaîne, menace, veut des explications. La situation est conflictuelle entre les deux clans depuis une décision du juge aux affaires familiales de mars 2008. «  Un jour ou l’autre, il fallait que ça craque », avouera même C. R. lors de sa garde à vue. Le père est finalement roué de coups et finit en sang. Bilan médical : fracture du maxillaire droit, plaies et excoriations multiples (sept jours d’incapacité totale de travail).

«  Qui a commandité ça ? », a demandé hier le président Coquel. «  Nous trois. J. venait de se faire frapper par madame, pendant que son père le tenait », a rétorqué C. R. «  Vous en êtes sûre ? Vous ne croyez pas que votre fils a pu dire ça pour vous influencer ? » Silence. «  On voulait savoir honnêtement ce qui s’était passé », a promis M.

Helbling, poursuivi pour ne pas avoir esquissé le moindre geste pendant le pugilat. «  Je regrette que ça se termine ici », a confessé C. R., tandis que Farid Benali, malgré ses dires, continuait de minimiser les coups.

«  On vous vend une fable, a tonné Yann Osseyran, l’avocat des victimes. J’affirme que c’était une expédition punitive !

On nous parle de mère protectrice, M. Benali n’a même pas de lien avec cet enfant. Et le traumatisme des enfants de mes clients, qui ont assisté à tout, vous croyez qu’ils y ont pensé ? » «  Je partage l’avis de la partie civile, a lancé le procureur Valensi. Expédition punitive parce qu’il n’y a pas de raison. M. Benali a utilisé une arme de poing pour frapper. Il s’agit de violences inadmissibles. Et personne n’a le droit de se faire justice lui-même ».

Me Punga a tenté de nuancer : «  On vous les présente comme des monstres sans remords. Ils ont bien conscience d’être la cause de cette situation. Mais ce n’était pas prémédité. Ce ne sont pas des cow-boys dangereux. Ils ont juste été maladroits ».

Une « maladresse » qui a finalement entraîné la condamnation de Farid Benali à six mois ferme. M. Helbing écope d’un mois ferme et C. R. de six mois de prison avec sursis. •

S. C.

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