« J’ai jamais voulu le tuer », a encore répété Franck Versepuy, hier, en clôture de son procès. Sans pour autant convaincre la cour d’assises de l’Hérault, qui l’a condamné à vingt ans de réclusion pour le meurtre d’Olivier Heurteur, en janvier 2007, rue du Capnau, à Béziers. L’accusé n’a pas retrouvé la mémoire sur cette sordide affaire, ce terrifiant huis clos au cours duquel il a égorgé et lardé de coups de couteau la victime, un ami de boisson, avant de lui voler sa télé pour la revendre 50 €. « Je me suis battu avec lui, mais j’ai des doutes, je ne suis pas sûr à 100 % que ce soit moi. » La défense n’a pas convaincu non plus, s’engageant sur la piste du doute lié à l’amnésie éthylique et stupéfiante de son client, alcoolique et toxicomane lourd. « Au fil du temps, il s’est persuadé de sa culpabilité, peut-être a-t-il fini par s’en convaincre, a plaidé M e Éric Guilhabert. Depuis qu’Olivier Heurteur est à Béziers, il se fait racketter, on lui prend son RMI, il prend des roustes… Pourquoi ce ne serait pas ces gens ? On n’a pas vérifié, on n’est pas allé plus loin. » Pourtant, de lourdes charges pesaient sur Franck Versepuy, que n’a pas manqué d’énumérer l’avocate générale Catherine Mallet. Il y a les aveux devant le juge d’instruction où le trentenaire s’est souvenu avoir donné ce qu’il croyait être des coups de scie ; il y a cette trace ADN sur un verre trouvé chez la victime et la télé revendue ; il y a ce blouson tâché de sang que Versepuy allait jeter à la poubelle lorsque les policiers l’ont interpellé ; il y a cette première bagarre, quelques jours avant le décès, où il avait porté un coup de burin à la tête d’Olivier Heurteur, etc.

« Il l’a égorgé comme on égorge un mouton, c’était une boucherie, c’était odieux, bestial. 50 €, c’était le prix de la vie d’Heurteur », a poursuivi l’accusation, demandant vingt ans de réclusion contre Versepuy, déjà condamné douze fois par la justice, notamment pour un braquage, et décrit comme psychopathe par les médecins : « Il faut une longue peine pour mettre hors d’état de nuire cet individu dangereux ». La cour d’assises a été au-delà des réquisitions en ajoutant aux vingt ans, treize ans de sûreté (durant laquelle il ne pourra donc pas faire de demande de remise en liberté conditionnelle) et cinq ans de suivi socio-judiciaire.

http://www.midilibre.com/articles/2009/12/19/LUNEL-Vingt-ans-pour-l-39-egorgeur-psychopathe-1041648.php5
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