» Un jeune soupçonné d’avoir tué le propriétaire d’un pavillon lors d’un cambriolage en 2008 à Argenteuil a été remis en liberté à la suite d’un erreur de procédure.

Son mari s’était écroulé dans l’entrée du pavillon familial, mortellement touché de plusieurs balles de 357 Magnum. L’un des meurtriers présumés, renvoyé devant la cour d’assises des mineurs de Pontoise, est libre après une erreur de procédure. « C’est une injustice extraordinaire », confie la veuve de la victime, Nevin, dont l’avocat demande de tout mettre en œuvre pour interpeller à nouveau le meurtrier présumé.

L’horreur s’était produite le 10 juin 2008, peu avant minuit. Les malfaiteurs, venus cambrioler le pavillon d’Argenteuil, avaient réussi à entrer avant d’être débusqués, se retrouvant face au propriétaire. Sefik Imsyiatoglu, un restaurateur de 47 ans, avait reçu des coups, avant d’être abattu par les jeunes, qui avaient ensuite pris la fuite. L’un d’eux a été rapidement interpellé. Les policiers de la DRPJ de Versailles allaient ensuite reconstituer l’équipe suspectée d’avoir organisé ce cambriolage sanglant. Au final, quatre jeunes sont aujourd’hui renvoyés devant la cour d’assises des mineurs pour le meurtre, deux autres pour la détention du Smith & Wesson et de ses munitions. La date du procès n’est pas fixée.

Le tireur présumé, ainsi désigné par des témoins anonymes, avait été placé en détention provisoire à l’issue de sa mise en examen. Le 9 juin 2009, le juge des libertés prolongeait pour six mois la détention. Mais il y avait une faille dans son ordonnance qui ne précisait pas que la « publicité restreinte », qui s’impose lorsqu’il s’agit de mineurs, avait été respectée. Pour cette phrase qui manquait dans le document, l’avocat du jeune a demandé l’annulation de l’ordonnance, rejetée dans un premier temps par la cour d’appel, qui a estimé que les droits de la défense n’avaient pas été lésés. Mais le 20 octobre, la Cour de cassation cassait cet arrêt, ce qui a débouché sur… la remise en liberté immédiate de l’accusé.

« Je ne comprends pas comment on a pu commettre une telle erreur »

« C’est un dysfonctionnement flagrant », estime l’avocat de la famille, Me John Curioz. « Je ne comprends pas comment on a pu commettre une telle erreur », confie Nevin, qui s’est installée avec ses enfants dans le Rhône après la tragédie. « J’ai le sentiment qu’on s’est moqué de moi, mais aussi des enquêteurs qui ont fait un travail extraordinaire. Ma vie est fichue. Je me consolais avec l’idée que les auteurs allaient être jugés. Je n’en suis plus certaine. Pour moi, le dossier a été traité à la légère. Si mon mari n’avait pas été un simple vendeur de kebabs, je pense que l’on se serait un peu plus attardé sur le dossier. »

Parmi les quatre mis en examen pour le meurtre, deux jeunes sont aujourd’hui en fuite, faisant l’objet de mandats d’arrêt.

Hier soir, la cour d’appel de Versailles reconnaissait la bévue ayant conduit à la libération du jeune meurtrier présumé, indiquant qu’une nouvelle interpellation était peu envisageable sans élément nouveau. « Cela ne signifie pas pour autant son absence future devant les assises », précisait-on. Me David Missistrano, l’avocat du jeune libéré, indiquait pour sa part : « Il conteste fermement les faits depuis le début et personne n’est capable de préciser son rôle. Rien ne le relie au tir. » Il confie comprendre la réaction des parties civiles. « Mais la procédure doit être respectée. C’est elle qui nous protège tous dans une démocratie. »  »

Un article de Frédéric Naizot.

Source : LE PARISIEN.FR (14 janvier 2010

3 réponses
  1. bob85
    bob85 dit :

    Hélas il y a beaucoup de meurtriers qui sont libérés à cause d’erreurs judiciaires.
    Sans grand rapport j’ai été choqué d’apprendre que l’assassin de Malcolm X avait été placé en liberté conditionnelle, en avril derneir, après avoir passé plus de 40 ans derrière les barreaux.

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