08-02-2009 22:33

Epouse diabolique ou erreur judiciaire ? A partir d’aujourd’hui, la cour d’assises du Rhône va tenter d’éclaircir une des affaires les plus mystérieuses des années 2000 en rejugeant Edwige Alessandri pour la troisième fois pour le meurtre de son mari, directeur d’un supermarché à Pernes-les-Fontaines, dans le Vau­cluse.

Tué dans le lit conjugal
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 2000, un coup de feu claque dans la chambre de ce couple prospère et jusqu’ici sans histoire. Dans le lit conjugal, Richard Alessandri reçoit une décharge de chevrotine à bout portant. Son épouse, qui dormait à ses côtés, soutiendra qu’il a été abattu par des cambrioleurs. Mais aucune trace d’effraction n’est relevée et le corps a été légèrement déplacé. Les gendarmes vont s’orienter vers la piste familiale. En novembre 2000, ils placent en garde à vue la mère et ses deux fils.
L’aîné, Yohan, né d’une union précédente, va alors suggérer que c’est sa mère qui leur a demandé de participer à une mise en scène pour détourner les soupçons. Edwige Alessandri est mise en examen pour homicide volontaire mais les éléments matériels sont limités et le mobile reste flou.

En 2001, Yohan se rétracte estimant avoir subi des pressions des gendarmes. Edwige Alessandri se dit innocente, ses soutiens se multiplient sur Internet, mais, en janvier 2006, elle est condamnée à douze ans de prison par les assises du Vaucluse. Peine confirmée en appel en décembre 2006. Ce verdict a été annulé le 7 novembre dernier par la Cour de cassation et le dossier renvoyé à Lyon. Le procès doit durer jusqu’au 20 février.

Source

4 réponses
  1. Simone
    Simone dit :

    Février 2009
    Communique de Presse

    L’affaire Alessandri a soulevé bien des passions.

    L’on a décrit Edwige Alessandri comme une femme jalouse, avide de pouvoir et d’argent. Sur la base de ces idées toutes faites et non fondées elle fut souvent fustigée dans la presse locale.

    Or, à l’examen du dossier, voir site http://www.alessandri-erreur-justice.com il s’avère que l’on a ni preuve, ni mobile et que l’arme du crime n’a pas été retrouvée.

    Comment peut-on condamner qui que ce soit sans preuve?

    Plutôt que de partir du principe de la culpabilité de la personne mise en examen et/ou accusée, peut-on prendre le temps, le soin et l’attention d’adopter un point de vue, un éclairage différent?

    -Et si Edwige disait la vérité? Si elle était réellement innocente?

    Les conséquences de ce « si » sont lourdes: – osons-nous les affronter? Pouvons-nous reconnaître la possibilité d’erreur de la part de notre système judiciaire?

    Sans preuve Edwige et les siens ont payé un lourd tribu à « l’intime conviction des jurés »: une enfance malmenée pour le cadet de ses fils qui n’avait que onze ans lors des faits, et donc déjà orphelin de père, des parents âgés dont la retraite est ponctuée de procès en Assises fort éprouvants, de visites au parloir et qui ont du prendre en charge l’éducation de leur petit-fils; Edwige quant à elle a déjà « servi » trois ans de prison dans la promiscuité d’une humanité qu’elle n’aurait jamais dû connaître, elle est physiquement éprouvée, et si « tout va bien » va devoir reconstruire à 50 ans sa vie comme on le fait normalement à 30 ou 40… Le fils aîné se reprochera toujours d’avoir craqué lors de sa garde à vue.

    Le Comité de Soutien qui s’est créé autour de l’Affaire Alessandri a pour but non seulement de soutenir Edwige dans sa lutte pour la recherche de la vérité, mais aussi d’éviter que de telles affaires se reproduisent.

    La culture des aveux lors des garde à vue commence à faire long feu (voir l’Affaire Machin), et l’intime conviction n’est que cela, c’est à dire rien, une « impression », et le mot fit bien rire autrefois, lors d’un certain Salon des Refusés…

    Autorisons-nous donc un mode de pensée nouveau pour une plus grande équité de la Justice à laquelle tous les citoyens doivent avoir droit.

    Répondre
  2. Amédée
    Amédée dit :

    Pour info, des faits nouveaux sont apparus et confirmeraient l’innocence d’Edwige Alessandri, voir cet article du Parisien, daté du 5/11/11:
    « Edwige se bat pour ses enfants » MICHEL GODEST avocat d’Edwige Alessandri
    Un proces en revision pour Edwige Alessandri

    Michel Godest est l’avocat d’Edwige Alessandri depuis quelques mois seulement. Persuadé de l’innocence de sa cliente, il veut que la justice aille au bout de cette nouvelle piste.

    Que faut-il penser de ce nouveau témoignage dans une affaire en principe totalement refermée?
    MICHEL GODEST: A ce stade, il n’est pas question de rejuger Edwige Alessandri.
    Il s’agit d’enquêter sur une dénonciation de crime. De nouvelles auditions permettent de confirmer la thèse du cambriolage qui s’est transformé en drame. Par cette enquête préliminaire, on sait avec certitude que, le soir du meurtre, se trouvait dans le jardin un cambrioleur récidiviste. Le procureur connaît donc aujourd’hui les personnes qui se sont introduites dans la maison, cette nuit du 16 juillet 2000, et qui ont abattu — manifestement par mégarde — Richard Alessandri.

    Edwige Alessandri est aujourd’hui sortie de prison. Pourquoi se bat-elle ?
    Imaginez une femme qui souffre terriblement d’avoir vu son mari abattu à ses côtés et qui se trouve accusée de cette mort, emprisonnée. Si elle avait été coupable, après avoir été condamnée à trois reprises, elle n’aurait eu qu’un but : se faire oublier à sa sortie de prison, ne plus contester ce qui apparaissait être l’évidence. Edwige se bat pour ses enfants, en mémoire de son mari, pour sa propre dignité.

    Vous dites aussi qu’il y a beaucoup d’éléments troublants et d’erreurs qui ont émaillé l’enquête. Lesquels ?
    Edwige Alessandri a été condamnée en raison d’une enquête reposant sur des apparences. On a construit, bon gré mal gré, le puzzle du « drame familial ». Pour cela, il a fallu interpréter des éléments et en amplifier d’autres. Il n’y a eu aucune recherche sérieuse d’ADN. Les pseudoenquêtes techniques n’ont rien démontré.

    Allez-vous déposer un recours devant la cour de révision ?
    J’ai d’ores et déjà préparé un recours devant la Commission de révision. L’actualité récente a montré qu’en matière de révision, il faut être très prudent. J’entends conforter ma requête par les éléments complémentaires qu’apportera la poursuite de l’enquête. Il s’agit, aujourd’hui, tout à la fois, de protéger un témoin honnête et courageux et de poursuivre une enquête concernant les auteurs probables d’un homicide. Il y a urgence.

    Le Parisien

    DA.D. | Publié le 05.11.2011, 07h00

    Répondre
  3. Durand
    Durand dit :

    EDWIGE ALESSANDRI: DEMANDE DE REVISION

    Edwige Alessandri assistée de son avocat, Me Michel Godest a comparu devant la Cour de Cassation le 17 Septembre dernier.
    Les très importants éléments nouveaux dont dispose la Défense donnent bon espoir tant à Me Godest qu’à sa cliente d’obtenir la révision de ces procès, et bien sûr la réouverture de l’enquête.
    10 ans après le meurtre, des traces d’ADN retrouvées sur place ont en effet « parlé ».
    Edwige Alessandri avait été accusée du meurtre de son mari, Richard, assassiné au domicile conjugal, la nuit du 16 juillet 2000. Voici maintenant 12 ans qu’Edwige clame son innocence, que ses explications sur ce qu’elle a vécu la nuit du meurtre n’ont pas varié. Après 3 procès, 3 condamnations et 5 ans d’emprisonnement, Edwige Alessandri et Me Michel Godest espèrent toujours voir éclater la vérité.

    La Cour de Cassation se prononcera le 22 OCTOBRE;

    Répondre

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