. Jean-Marc Deperrois, condamné à 20 ans de prison pour l’empoisonnement de la petite fille clame son innocence et demande la révision de son procès. Rappel des faits.

Marlène Andrezo – le 06/02/2009 – 16h29

Le 11 juin 1994, à Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime), Emilie Tanay, 9 ans, meurt empoisonnée après avoir absorbé du sirop de Josacine, un antibiotique pour enfant. Le drame se produit au domicile du couple Tocqueville, des amis de ses parents. Peu après, l’autopsie conclut à une intoxication au cyanure.

Le 27 juillet, Jean-Marc Deperrois, un chef d’entreprise et adjoint au maire de Gruchet-le-Valasse est mis en examen et écroué. Il est soupçonné d’avoir contaminé le flacon de Josacine, croyant qu’il était destiné au mari de Sylvie Tocqueville avec qui il a eu une éphémère liaison extraconjugale. Emilie n’aurait été que la victime collatérale d’un crime passionnel.

La condamnation à 20 ans de réclusion criminelle

En mai 1997, le procès de Jean-Marc Deperrois se déroule devant la cour d’assises de  Seine-Maritime. Malgré les multiples failles et zones d’ombre de l’enquête et sans démonstration probante de culpabilité, il est condamné à 20 ans de prison pour « empoisonnement avec préméditation ».
Selon les expertises, l’accusé détenait un cyanure similaire à celui retrouvé dans la Josacine, pour les besoins de son entreprise. Son avocat, Charles Libman clame l’innocence de son client et rappelle l’importance du témoignage du médecin traitant de la famille Tanay, le docteur Sylvain Vue. Celui-ci suggère que le médicament aurait pu être empoisonné avant son transport chez les époux Tocqueville et émet l’hypothèse d’un « accident ménager ». L’accusé se pourvoit alors en cassation, conforté dans sa démarche par un fort comité de soutien, à la tête duquel se trouve Anne-Marie Deperrois, son épouse. Cette demande est refusée.

Le 9 février 1998, Jean-Marc Deperrois est condamné, en audience civile, à verser 250 000 francs (39 000 euros) de dommages et intérêts à chacun des époux Tanay, les parents d’Emilie. Ces derniers, victimes de pressions, de malveillance et se sentant menacés par l’hostilité ambiante, décident de déménager dans la région toulousaine.

Après un premier refus, le tribunal d’application des peines d’Evreux accepte une demande de libération conditionnelle de Deperrois en 2006, confirmée le 30 mai par la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Versailles. Incarcéré pendant douze ans, Jean-Marc Deperrois sort de sa prison du Val-de-Reuil (Eure) en juin 2006.

La demande de révision de sa condamnation

Malgré un premier rejet en décembre 2002, mais convaincu que toutes les pistes n’ont pas été explorées lors de l’instruction, l’avocat de Deperrois dépose une seconde requête, en septembre 2005 visant à faire annuler sa condamnation. La commission de révision des condamnations pénales ordonne alors, en février 2008, un supplément d’information pour déterminer si le mélange Josacine – cyanure a pu être effectué par l’accusé ou non.

Le parquet général de la Cour de cassation s’est déclaré défavorable à la demande de révision car aucun élément nouveau ne vient justifier cette décision. Selon Me Laurent de Caunes, avocat de la partie civile « les éléments anciens et connus sont largement confortés par les dernières expertises ». Ce 9 février 2009, la commission de révision rendra sa décision définitive.

Josacine empoisonnée : décision lundi sur une demande de révision

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