Le parquet de Paris a requis lundi dix ans d’emprisonnement assortis d’une peine de sûreté des deux tiers et 500.000 euros d’amende -la peine maximale- contre les frères Jean-Claude et Mario Hornec, deux « parrains » présumés du milieu parisien, soupçonnés d’avoir servi d' »ambassadeurs » ou d’intermédiaires dans un trafic de cocaïne entre la France et la Colombie.

De quatre à dix ans d’emprisonnement ont été réclamés contre les douze autres hommes, notamment les vendeurs présumés, d’origine sud-américaine, les acheteurs potentiels, dont un Britannique et des Français, et d’autres intermédiaires présumés qui comparaissent à leurs côtés devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le jugement doit être mis en délibéré à l’issue des plaidoiries de la défense mercredi.

Pour les deux représentants du ministère public, Jean-Claude Hornec, 55 ans, et son frère Mario, 50 ans, se sont « effectivement portés intermédiaires et se sont réellement impliqués dans ce trafic pour toucher de l’argent ». Au cours du procès, les deux prévenus avaient expliqué qu’ils avaient voulu « voler » une partie du gain pour un braquage.

« Comme si c’était plus noble de voler que d’empoisonner des jeunes, comme si on ne peut pas admettre que la famille Hornec a mis les mains dans la drogue, comme si c’était plus avouable de commettre un braquage que de faire du trafic de stupéfiants », a ironisé le parquet.

Pour Me Jean-Yves Liénard, qui doit plaider mardi, l’accusation a « artificiellement placé (ses clients) en haut de la pyramide ». Pour l’accusation, les Hornec étaient chargés de trouver des acquéreurs pour écouler 136 kilos de cocaïne arrivés en France le 22 juillet 2006 dans quatre valises et stockés dans un hôtel de Rungis (Val-de-Marne).

L’enquête a montré que Mario Hornec s’était rendu fin juillet 2006 en Espagne afin de rencontrer des Anglais, acheteurs potentiels de la marchandise. Son frère Jean-Claude les aurait croisés en France un mois plus tôt.

Les deux frères Hornec avaient été mis en examen en novembre 2006 dans cette affaire avant d’être écroués. Ils sont poursuivis pour « importation, détention et cession de stupéfiants en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Le juge d’instruction a abandonné les charges de « direction d’un groupement ayant pour objet la production, l’importation, la fabrication et la cession de stupéfiants », un crime passible de la cour d’assises.

L’affaire a débuté en février 2006, les enquêteurs étant informés d’un projet d’importation de cocaïne. En juillet, un policier infiltrait le milieu et entrait en contact avec l’un des fournisseurs colombiens de la cocaïne. Les principales interpellations ont eu lieu en septembre 2006. Jean-Claude et Mario Hornec seront arrêtés deux mois plus tard. AP

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