AP

Alors que se déroulent les épreuves d’entrée à l’Ecole nationale de magistrature (ENM), les syndicats de magistrats, unanimes, ont saisi le Conseil d’Etat pour protester contre la mise en oeuvre, pour la première fois, de tests psychologiques, a-t-on appris jeudi auprès du Syndicat de la magistrature (SM).

« Nous avons été interrogées sur notre stress, nos émotions, notre imagination, nos rêves », ont déclaré deux candidates qui se souviennent d’une première épreuve écrite le 5 novembre. Puis ce sera quelques jours plus tard un entretien avec un autre psychologue épaulé d’un magistrat. Au chapitre des questions: êtes-vous une maniaque du rangement? Les candidats apparaîtront de nouveau lundi prochain devant un « psy », au coté des autres membres du jury, lors de l’épreuve de groupe.

Mise en place par décret en 2008 dans le cadre de la réforme du concours, l’étude de la personnalité des candidats a été mûrie au lendemain de l’affaire Outreau. Pour le député socialiste André Vallini, le rapporteur de la commission d’enquête sur ce fiasco judiciaire, « les recommandations de la commission favorable à une évaluation en fin de cycle ont été dévoyées ».

Jean-François Thony, le directeur de l’école, entend ne pas « former durant trois années un élève qui présente une pathologie ».

Réponse du Syndicat de la magistrature par la voix de son vice-président Ollivier Joulin: « Il ne s’agit pas de rechercher des pathologies avérées mais de mettre l’accent sur des traits de personnalité, des tendances… A aucun moment dans les critères d’évaluation on évoque l’indépendance! Que cherche-t-on? Une neutralité de caractère? ».

« Nous avons mis en place un comité de suivi qui dressera un bilan. Je rappelle que ce dispositif est appliqué dans d’autres écoles ailleurs en Europe comme aux Pays-Bas ou au Portugal! », rappelle la direction de l’école.

Porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier est sur la même longueur d’onde: « Pour juger il ne suffit pas de connaître son droit. Au même titre que les commissaires, les futurs magistrats doivent être aptes à exercer leurs fonctions ». AP

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.