L’opération escargot des pêcheurs du 3 octobre dernier leur a valu des poursuites.

Dix-sept navires en infraction, neuf inculpés, sept jugés, tous condamnés. Vendredi, au tribunal des affaires maritimes, les juges se sont penchés sur le mouvement des pêcheurs du 3 octobre 2008.

Une première au tribunal maritime de Boulogne : sept marins, des Étaplois, ont été condamnés pour avoir participé à un mouvement de protestation.

Le 3 octobre dernier, les pêcheurs étaplois ont bloqué le port de Calais. Leur motif de contestation : les quotas insuffisants imposés pour la pêche au cabillaud. Dans le début de la soirée, les chalutiers ont rejoint le port de Boulogne. Prenant le rail à contre-sens vers 18 h 30. C’est pour cette infraction que sept d’entre-eux (sur une vingtaine de chalutiers) ont été jugés au tribunal maritime de Boulogne, vendredi.

«  Il est difficile de séparer le contexte du mouvement, de l’infraction pour laquelle le tribunal est saisi », rappelle le président. L’action avait empêché le trafic des ferries SeaFrance et P &O, les obligeant à faire demi-tour.

Ce jour-là, l’hélicoptère de la police judiciaire identifie dix-sept chalutiers. Neuf sont inculpés, mais deux n’ont pas reçu leur citation à comparaître.

Aucun prévenu n’est présent dans la salle d’audience, Tous sont représentés par le même avocat. Même si le mouvement a débuté à Calais, le tribunal n’est saisi que pour la période allant de 18 h 30 à 21 h 20, moment où les marins naviguaient à contre-sens pour une opération escargot.

Trois se sont quelque peu désolidarisés de l’action et ont nié les faits au moment de leurs auditions. Arguant qu’ils étaient soit en action de pêche, soit en repérage du poisson. «  Pour la pêche, il existe une tolérance, explique l’avocat. Si cela n’occasionne pas de gêne, il est admis que les pêcheurs soient dans le sens contraire ». Un argument qui a laissé le tribunal plus que perplexe… «  Quelque part, ces marins étaient dans l’exercice d’un droit, plaide encore maître Freddy Desplanque, celui de manifester . Il s’agissait d’un mouvement coordonné : ils étaient en contact radio en permanence avec le Cross Gris-Nez, leurs feux étaient allumés ».

L’exception de nullité (le manque de précision de l’infraction dans la citation qu’ont reçu les marins) a également été soulevée. Le tribunal l’a rejetée dans chaque dossier. «  Pour rendre sa décision, le tribunal a pris en compte le contexte de protestation, la reconnaissance ou non des faits par les prévenus et le casier judiciaire », a expliqué le président.

Deux des marins qui ont nié les faits ont été condamnés à une amende de 3 000 E, deux autres devront débourser 2 500 E, un à 3 000 E dont 1 200 assortis du sursis et les deux derniers à 2 500 E dont 1 200 assortis du sursis. L’affaire reste à suivre pour les dix autres pêcheurs. •

DELPHINE LACROIX

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