La propriétaire du Saint-Laurent peut souffler. Le braqueur de décembre a été condamné. PHOTO ARCHIVES SAMI BELLOUMI
La propriétaire du Saint-Laurent peut souffler. Le braqueur de décembre a été condamné.

|  AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL |

Le 15 décembre, à quelques jours de Noël, le bar-tabac le Saint-Laurent, à Saint-Laurent-Blangy, était victime d’une extorsion de fonds. Un homme encagoulé et armé s’était présenté à la fermeture de l’établissement pour s’enfuir avec plus de 2 000 E. Sous les yeux de clients aussi inquiets que médusés par l’amateurisme du braqueur. Mardi, l’agresseur, un Sallauminois de 29 ans, était jugé par le tribunal d’Arras.

PAR SAMUEL COGEZ

Il présente plutôt bien, Jean-Claude Casselman, et n’a pas l’attitude d’un délinquant notoire. Voix basse, tête baissée, mains derrière le dos, ce jeune Sallauminois de 29 ans, père de famille, n’avait pas de casier judiciaire. Mais pour une première comparution, les faits sont graves… Il est environ 20 heures, le 15 décembre 2008, lorsque la patronne du bar-tabac le Saint-Laurent, repris en 2007, s’apprête à fermer. Cinq clients restent accoudés au bar. Fin de journée. C’est à ce moment qu’un individu encagoulé et armé d’un pistolet de poing fait irruption, pose un sac de sport sur le comptoir et exige la caisse, d’une voix chevrotante.

Grosses amendes

Confrontée à l’arme de l’assaillant, qui a l’air d’une vraie, la patronne s’exécute et vide sa caisse. Elle dit remettre 2 600 E. En sortant, le braqueur se trompe dans le sens de la porte pour sortir, ôte sa cagoule devant la vitrine, et prend la fuite. Après plusieurs mois d’enquête, il sera identifié et interpellé. Et reconnaîtra les faits.

Mardi, à la barre du tribunal, c’est un Jean-Claude Casselman timoré que le tribunal a découvert. «  Cela aurait pu vous conduire à la cour d’assises », a d’emblée averti la présidente, Élisabeth Gros. Pour expliquer, à défaut de justifier son geste, M. Casselman a invoqué des problèmes financiers : «  Je devais des grosses amendes à la SNCF, j’ai paniqué ». Et de fait, le trésor public lui avait intimé l’ordre de rembourser 1 194 E. Soit le montant de l’Assedic qu’il touchait par mois. «  Et le pistolet, vous l’avez eu où ? », relance la présidente. «  C’était un pistolet à billes emprunté à mon fils », prétend le prévenu, qui promet ne pas avoir fait de repérages avant de passer à l’acte. Mais a reconnu avoir mûri l’idée d’un braquage.

Mauvaise blague

«  Le fait de pouvoir le voir au tribunal aujourd’hui (mardi) était impossible pour la propriétaire, a plaidé l’avocate de la victime. Ma cliente a été traumatisée ! Le coup de M. Casselman était prévu et je suis persuadée qu’il avait une véritable arme ce jour-là. Clients et serveurs étaient traumatisés. Il parle de problèmes d’argent, mais je connais plein de gens qui travaillent et gagnent moins que lui, mais ne font pas de braquage ».

«  Sa solution pour régler ses problèmes d’argent, c’est de braquer, a surenchéri Mlle Guedon, demandant au tribunal de le condamner à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis. Les gens ont cru à son arme, ils ont entendu un clic comme si on chargeait l’arme. Vous encourez sept ans ferme pour extorsion ! » «  Il ne nie pas la gravité de son geste, a plaidé l’avocate du prévenu, Me Marie-Charlotte Piron. Il faut d’ailleurs noter qu’il vous a dit « Peu importe le montant du préjudice, ça ne change rien à la gravité de ce que j’ai fait ». Il n’y a rien dans le dossier qui prouve qu’il a repéré les lieux. Ce n’est pas un oisif, mais il n’arrivait plus à s’en sortir. C’est un amateur. Il est entré avec une telle aura qu’on a même cru à une blague. Un des clients a même dit : « On a eu peur, mais il avait peut-être plus peur que nous ». C’est dire s’il est professionnel… » Cela n’a pas suffi à éviter l’enfermement immédiat pour Jean-Claude Casselman, condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Il devra aussi verser 1 000 E de préjudice moral à sa victime et 800 E de procédure judiciaire. •

jeudi 27.08.2009, 04:41 La Voix du Nord

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