Par Marc Landré le 24 août 2009 11h31 | 5 Commentaires

EXCLUSIVITÉ « LES DESSOUS DU SOCIAL »

UN DÉPARTAGE SANS DATE. C’est, selon nos informations, le résultat du jugement rendu aujourd’hui dans le dossier médiatique qui oppose au tribunal des prud’hommes de Paris Jacques Creyssel, ancien directeur général du Medef, à Laurence Parisot, la présidente du mouvement patronal. Le premier a attaqué la seconde pour « licenciement abusif » après avoir été démis de ses fonctions du jour au lendemain, mi juillet 2008, pour faute grave. Il demande notamment à son ancien employeur 1,2 million de dommages et intérêts. Laurence Parisot, quant à elle, lui reproche de lui avoir caché des informations essentielles pour faire adhérer une association au Medef.

En substance, le tribunal des prud’hommes de Paris a donc refusé de trancher et renvoyer la procédure à une nouvelle instruction, sans date. La différence ? Le collègue sera cette fois présidé par un juge professionnel du tribunal d’instance. Bref, on repart presque à zéro. C’est, en quelque sorte, un nouveau procès qui commence et dont la conclusion ne devrait pas intervenir, au mieux, « avant mi-2010 », indiquait-on ce matin au tribunal des Prud’hommes de Paris.

Ce renvoi à une nouvelle procédure est plutôt une bonne nouvelle pour Laurence Parisot qui devrait pouvoir mener campagne « tranquillement » pour sa réélection, dans moins d’un an, à la tête du Medef. L’actuelle présidente brigue en effet un nouveau mandat de trois ans. Et même si elle n’a pas de concurrent déclaré contre elle à ce jour, battre pavé en trainant derrière soi un jugement défavorable dans cette affaire aurait pu être relativement handicapant. Du côté du Medef, c’est donc ce matin un soulagement : « Nous saluons le sérieux du tribunal des Prud’hommes de Paris qui a pris une décision de procédure exceptionnelle dans un dossier d’une grande complexité », avouait un proche de Laurence Parisot au Medef, à qui « Les dessous du social » a appris le contenu du jugement.

Jacques Creyssel, parti au mois de juillet 2008 avec seulement ses congés payés en poche (c’est-à-dire sans indemnité de licenciement), espérait quant à lui pouvoir tourner une page définitive afin de pouvoir enfin rebondir ailleurs. Il peine en effet depuis son éviction du Medef à retrouver un emploi. Ce matin, l’ancien bras droit de Laurence Parisot, qui a passé plus de dix ans à tenir les rênes de l’organisation patronale, se refusait à tout commentaire. Dans son entourage, on juge toutefois ce renvoi en départage sans date « assez classique dans ce genre de choses » et on espère un dénouement rapide de ce dossier qui peut, en théorie, encore durer plusieurs années. On est donc loin d’en avoir fini avec ce film qui pourrait s’intituler « règlement de comptes à OK… Medef ».

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