(AFP) – 

PEKIN — La Chine a dénoncé jeudi les « ingérences grossières » dans ses affaires intérieures en réponse aux critiques de certains pays étrangers au sujet du procès du dissident Liu Xiaobo.

« Des responsables de certaines ambassades étrangères ont publié des communiqués, ce qui constitue des ingérences grossières dans les affaires judiciaires chinoises », a déclaré à la presse une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, soulignant que le procès était « entièrement une affaire intérieure chinoise ».

« Nous exprimons notre fort mécontentement à ce sujet. Nous appelons ces pays à respecter la souveraineté judiciaire de la Chine et à cesser leurs ingérences dans les affaires intérieures chinoises », a-t-elle ajouté.

Liu Xiaobo, 53 ans, écrivain et ancien professeur d’université qui a déjà connu la prison après la répression du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, a été jugé mercredi pour « subversion » plus d’un an après la publication de la « Charte 08 », un texte réclamant une Chine démocratique, dont il est l’un des signataires.

Le verdict est attendu vendredi.

Les Etats-Unis et l’Union européenne avaient appelé à sa libération avant le procès et des diplomates américains et européens, qui s’étaient vu refuser l’accès au procès, était présents à l’extérieur du tribunal mercredi.

Washington, par la voix du porte-parole du département d’Etat, a condamné mercredi une procédure qui « ne témoigne pas d’un grand pays ».

« La rapidité du procès, le fait qu’il soit à huis clos, le fait que la famille n’ait pu y assister, tout cela n’est pas caractéristique du type de gouvernement qui réussira dans le monde dynamique du XXIe siècle », a aussi déclaré Philip Crowley.

Le choix de ce moment « ne doit sans doute rien au hasard », a déclaré M. Crowley: « Selon toute probabilité, la sentence sera connue le jour de Noël, de façon à attirer le moins d’attention possible ».

Selon les militants des droits de l’Homme, les autorités chinoises profitent généralement de la période de Noël — lorsque les opinions publiques occidentales sont occupées par les fêtes — pour régler les cas des dissidents.

En 2007, Hu Jia avait ainsi été arrêté un 27 décembre, puis accusé de subversion avant d’être condamné.

Un an plus tôt, c’était l’avocat Gao Zhisheng qui avait été accusé puis condamné à trois ans de prison juste avant Noël.

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