Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné lundi les protagonistes d’une importante affaire de détournement de fonds au préjudice des vedettes qui font la navette entre la cité phocéenne et les îles du Frioul à des peines de deux à trois ans de prison ferme.

André Pipolo, 67 ans, le patriarche du « clan » mis en cause, a écopé de trois ans ferme, d’une amende de 350.000 euros et d’une interdiction de gérer pendant cinq ans. Les magistrats n’ont toutefois pas assorti cette décision d’une arrestation à la barre.

Le tribunal a en revanche ordonné la confiscation d’un certain nombre de biens appartenant à la famille Pipolo, parmi lesquels six navires, deux véhicules haut de gamme, des sommes en espèces qui avaient été saisies, ainsi qu’un compte détenu au Luxembourg.

Le procureur de la République avait réclamé à l’encontre d’André Pipolo une peine de cinq ans de prison, dont deux ans ferme, mais il avait réclamé un mandat de dépôt contre le prévenu.

Les deux fils d’André Pipolo, Gabriel et Auguste, ont écopé de deux ans de prison, assortis respectivement d’une amende de 75.000 et 100.000 euros.

« La vague répressive a accouché d’une sardine pénale », a ironisé à la sortie de l’audience l’un de leurs avocats, Me Gilbert Collard, qui a indiqué qu’il allait faire appel de ce jugement. « La bande organisée a été écartée. Nous restons sur des délits strictement financiers », a ajouté Me Catherine Martini, pour les mêmes prévenus.

Deux autres mis en cause, Pierre Crescioni et son père Paul, ont été respectivement condamnés à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 150.000 euros d’amende pour le premier, à deux ans avec sursis et 100.000 euros pour le second.

Un ancien commissaire aux comptes poursuivi dans la procédure, Alexandre Heurtier-Richetti, a écopé de deux ans de prison, dont un an avec sursis, et 50.000 euros d’amende.

Dans les attendus de son jugement, lu pendant plus d’une heure à l’audience lundi, le tribunal stigmatise « l’ampleur de l’activité frauduleuse », « la fortune considérable constituée et le souci de la dissimuler ». Les juges ont estimé qu' »aucune justification recevable n’a été fournie » pour justifier le détournement des recettes, chiffré à 41%.

Les prévenus devront rembourser plus d’1,7 million d’euros à l’administrateur judiciaire désigné dans la procédure. Le tribunal a toutefois prononcé quelques relaxes partielles et ordonné la restitution d’une partie des navires qui avaient été saisis en mars 2006. AP

AP | 16.11.2009 | 11:06
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