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Huit ans après son départ de la présidence de Vivendi Universal (VU), l’ancien PDG du groupe Jean-Marie Messier, 53 ans, alias « J2M », comparaît à partir de mercredi, et jusqu’au 25 juin, devant le tribunal correctionnel de Paris aux côtés de six autres prévenus, dont l’ancien vice-président exécutif de Vivendi, Edgar Bronfman Jr, pour une série de délits boursiers et pénaux présumés. Lire la suite l’article

En 2001, Jean-Marie Messier est au faîte de sa gloire, s’affiche à la « Une » des médias, dont l’hebdomadaire français « Paris-Match » où il arbore une paire de chaussettes trouées. Sous sa présidence, la Compagnie générale des Eaux est devenue un géant mondial de la communication et des médias, rebaptisée par la suite Vivendi Universal.

En juillet 2002, celui à qui tout réussissait est contraint à la démission après l’annonce de pertes faramineuses, près de 14 milliards d’euros en 2001. Les petits porteurs, qui ont déposé plainte, le soupçonnent d’avoir menti sur le niveau d’endettement du groupe après le rachat de Seagram. En octobre de la même année, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire. En juin 2004, Jean-Marie Messier, que les « Guignols de l’info » ont surnommé « J6M » -Jean-Marie Messier moi-même maître du monde- est mis en examen.

Au total, six autres personnes sont poursuivies dans ce dossier complexe et technique: l’ancien général adjoint et directeur financier de VU, Guillaume Hannezo, 49 ans, Hubert Dupont-Lhotelain, 56 ans, et François Blondet, 44 ans, respectivement trésorier et trésorier-adjoint du groupe, et Eric Licoys, 71 ans, ex-directeur général de VU. L’ancien président d’une filiale aujourd’hui dissoute de la Deutsche Bank, Philippe Guez, 49 ans, et Edgar Bronfman Jr, 55 ans, sont également jugés.

En janvier 2009, le procureur de la République a requis un non-lieu général, estimant que les charges n’étaient pas suffisamment caractérisées à l’encontre des mis en examen. Mais en octobre dernier, le juge d’instruction, qui a toutefois abandonné une partie des incriminations, a ordonné leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

Que reproche-t-on aux prévenus? Les délits imputés à « J2M » sont de trois ordres: « diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les perspectives ou la situation d’un émetteur » de 2000 à 2002, « manipulation de cours » en 2001 et « abus de biens sociaux » pour un parachute doré d’environ 20 millions d’euros auquel il a finalement renoncé.

Guillaume Hannezo sera jugé pour « diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les perspectives ou la situation d’un émetteur » de 2000 à 2002, « manipulation de cours » en 2001 et « délit d’initié ». Une incrimination retenue contre Edgar Bronfman.

« Jean-Marie Messier est déterminé à montrer l’inéquité des poursuites », a déclaré son avocat, Me Pierre Haïk, à l’Associated Press. Le ministère public devrait demander la relaxe des prévenus.

En juin 2005, la cour d’appel de Paris a réduit l’amende infligée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à Jean-Marie Messier d’un million à 500.000 euros pour des informations inexactes sur la situation financière du groupe en 2001 et 2002.

Ce procès intervient moins de six mois après la décision d’un tribunal américain qui a condamné Vivendi pour sa communication financière mais relaxé Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo. AP

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