Jugé en appel pour la mort d’une patiente décédée en 1998 après avoir accouché, Patrick Sibella, gynécologue obstétricien, s’est vu reprocher de graves négligences dans le suivi de la victime.
Outre une peine de prison ferme, l’avocat général a requis à son encontre 40.000 euros d’amende et une interdiction définitive d’exercer.

Une peine de deux ans d’emprisonnement « dont une partie ferme » a été requise jeudi à l’encontre d’un gynécologue obstétricien d’une clinique privée de Neuilly-sur-Seine jugé en appel pour homicide involontaire. L’avocat général Gérard Burkel a également requis envers le gynécologue obstétricien Patrick Sibella qu’il a qualifié « d’être dangereux », 40.000 euros d’amende et une interdiction définitive d’exercer.

En première instance Patrick Sibella avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et à une interdiction professionnelle définitive. Son confrère Didier Bouquiaux, anesthésiste, avait été condamné à neuf mois avec sursis et deux ans d’interdiction professionnelle. Jeudi, l’avocat général a requis la confirmation de cette peine. Une amende de 150.000 euros assortie d’un affichage de la peine et d’une surveillance judiciaire de cinq ans a été requise contre la clinique Sainte-Isabelle. En tant que personne morale, elle avait été condamnée en première instance à 100.000 euros d’amende.

« On a fait tout pour enfumer la famille »

Les deux praticiens étaient poursuivis pour négligences graves après le décès de Sophie Porte, quelques heures après son accouchement d’une « hémorragie de la délivrance », le 7 mai 1998, jour de ses 39 ans. « On a fait tout dans ce dossier pour enfumer la famille. Sophie Porte a été prise en charge par des médecins incompétents, imprévoyants, négligents », a lancé Gérard Burkel lors de son réquisitoire à l’encontre des deux médecins toujours en exercice à la clinique Sainte-Isabelle.

L’accouchement difficile d’un bébé de 4,7 kg, avait provoqué d’importants saignements chez la victime. Les deux médecins avaient pourtant quitté rapidement la clinique, estimant que l’état de la patiente était stabilisé. L’obstétricien s’était rendu à son cabinet privé pour des consultations et l’anesthésiste à un rendez-vous sur un terrain de golf où, pour ne pas être dérangé, il avait éteint son téléphone portable. Restée seule auprès de Sophie Porte dont l’état s’était brusquement aggravé, la sage-femme Françoise Bicheron avait en vain tenté de contacter les deux médecins. En fin d’après-midi, Sophie Porte décédait. L’avocat général qui « considère qu’elle n’a commis aucune faute » et qu’elle a « eu la volonté d’alerter les médecins » a requis la confirmation de la relaxe prononcée en première instance.

L’arrêt de la cour sera rendu le 28 mai.

D’après agence

Clinique de Neuilly : procès en appel de deux médecins

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