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Le Clos Saint-Vincent, un petit lotissement paisible, à l’entrée du village de Chaveyriat, entre Bresse et Dombes. C’était le soir du 8 décembre 2007. Il était 20 h 30. Un instant d’égarement, un coup porté au niveau du thorax, à l’aide d’un couteau de cuisine, la dispute conjugale venait de basculer dans l’irréparable.

Un peu plus de quinze mois après le drame, Myriam Eydaleine, 47 ans, détenue, comparait aujourd’hui et demain, devant la cour d’assises de l’Ain, pour le meurtre de Jean Mora, son compagnon, qui était âgé de 46 ans à l’époque. Que s’est-il passé exactement entre eux deux, au cours de cette soirée ? L’instruction a permis d’établir qu’en frappant son concubin, la mère de famille n’avait pas eu l’intention de lui donner la mort.

Lui très affable, elle plus réservée, le couple s’était installé à Chaveyriat, en location, un peu moins d’un an plus tôt. Salarié à temps partiel de la régie des transports de l’Ain, en tant que chauffeur, Jean Mora assurait le ramassage scolaire des lycéens sur la ligne Romans/Bourg le matin, et Chanoz/Saint-Trivier le soir.

En quelques mois, il avait su se faire apprécier dans la commune, de par son investissement dans la vie locale, notamment au comité des fêtes. Mais derrière l’allure pleine d’entrain d’un personnage haut en couleurs, se cachait une face plus sombre, révélée dans l’intimité. Généreux, l’homme pouvait, sous l’influence de l’alcool, se commettre dans des écarts violents, exprimés le plus souvent à l’égard de sa compagne Myriam, fragilisée par la dépression. Leurs relations s’étaient dégradées depuis plusieurs mois. Une semaine avant le meurtre, au cours d’une dispute, il l’avait brutalisée. Ce soir-là, elle avait eu peur que ça recommence, c’est ce qu’elle avait dit aux enquêteurs. Le couteau de cusine qu’elle avait empoigné dans l’intention de se taillader les veines, elle s’en était servie pour le « piquer ». Une affirmation pas compatible avec les constatations de l’autopsie, révélant un coup porté franchement de droite à gauche et de haut en bas, ayant perforé le poumon de la victime.

Divorcé, Jean Mora a laissé derrière lui deux grands enfants issus d’un premier mariage. Elle aussi divorcée, Myriam Eydaleine est mère de six enfants issus de deux précédentes unions, dont deux en bas âge, lourdement handicapés, sont placés dans des institutions spécialisées sur Lyon. Les jurés auront deux jours pour se prononcer sur cet immense gâchis humain.

V. L

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