Cagoule. Couteau. Pistolet. Ils ont détroussé quatre passants. Trois Manceaux de 19 ans étaient jugés, hier, en comparution immédiate.
La salle d’audience est pleine à craquer. Un premier papa se lève au milieu de la foule : « Je suis abasourdi. Je suis très déçu par mon fils. Je ne comprends pas. Il a tout ce qu’il lui faut. »

Le père du deuxième garçon prend la parole : « J’ai éduqué mon fils avec des valeurs. Je n’ai vu aucun signe précurseur de cette histoire. » C’est au tour du troisième papa : « J’ai pensé élever mon fils comme il fallait. Les faits sont là ! Je suis complètement dépassé », dit-il avant d’abriter de nouveau ses yeux derrière une paire de lunettes de soleil qui dissimule son émotion.

Dans le box des détenus du tribunal correctionnel du Mans, Hervé, Karl et Mpondo, 19 ans tous les trois, ne bronchent pas. Dans la vie « normale », les trois garçons au casier judiciaire vierge sont lycéens. Élèves en BEP pour deux d’entre eux. Bac pour le troisième qui espère poursuivre sur un BTS « commerce international ».

Élèves au profil lisse pendant la semaine, ces Dr Jekyll se sont transformés en Mister Hide plusieurs week-ends de suite. À quatre reprises, entre le 6 mars et le 4 avril, ils ont enfilé des cagoules ou remontés leur capuche pour cacher de visage. Armés d’un couteau, puis d’un impressionnant pistolet à gaz, ils ont agressé des passants dans les rues du Mans pour les détrousser avec une violence psychologique inouïe.

Pour obtenir la carte bancaire et le numéro, ils n’hésitent pas à placer le couteau sous la gorge de leur victime. Ou un pistolet sur la tempe. « Je n’avais pas eu peur comme cela depuis la guerre d’Algérie », explique un retraité. Un autre homme balancé dans un container à poubelles a tellement peur que quand il en ressort, c’est pour courir et se jeter dans la Sarthe.

« Pourquoi ? », s’interroge la présidente N’Guyen. Les trois garçons restent vagues et n’ont visiblement pas conscience de la gravité de leurs actes. Ils expliquent finalement qu’ils voulaient aider l’un d’entre eux qui a été mis à la porte de chez lui. Sur des vidéos récupérées par les policiers, on les voit pourtant danser en discothèque après avoir tenté d’acheter des bouteilles d’alcool avec une carte bancaire volée. « Ce qui donne une coloration odieuse des faits pour lesquels ils comparaissent », dénonce la procureure.

« Ce sont des gamins, assure Me Soulard. Ce comportement de distanciation qui peut inquiéter est surtout représentatif de leur jeune âge. Ils ne sont pas méchants. » Peut-être.

Cela n’a pas empêché le tribunal de condamner Mpondo Eboa Dimithe et Karl Nog Fanke Veigne à 4 ans de prison, dont 28 mois avec sursis et Hervé Kayala Atumdembo, qui n’a participé qu’à une seule agression, à 18 mois de prison, dont 8 avec sursis.

Les trois lycéens ont été écroués à Rennes. Dans la salle d’audience, les familles des condamnés venues en grand nombre ont accueilli cette décision dans des torrents de sanglots.

Igor BONNET.
Ouest-France

1 réponse
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