Le procès de l'évasion sous haute surveillance

La première journée du procès des accusés a été marquée par des incidents d’audience, les accusés protestant contre l’interdiction de fumer et refusant de manger la nourriture de la prison car celle de leur famille leur avait été refusée.

C’est sous très haute surveillance policière que s’est ouvert lundi le procès de Farid Tir, 40 ans, de son frère Rabbah, 43 ans, et de leur beau-frère Slimane Mejdoub, 37 ans.

La cour d’appel d’Amiens avait pris des airs de forteresse, ceinturée à l’extérieur par un escadron de gendarmes mobiles tandis qu’à l’intérieur du palais, les policiers de la section d’intervention de la Somme étaient déployés. Les trois accusés, en ce qui les concerne, étaient escortés par les fonctionnaires du groupe intervention de la police nationale (GIPN) de Lille.
Un commando de trois hommes armés à l’hôpital

C’est un dossier d’évasion et de vol à main armée que la cour d’assises, présidée par Samuel Grévin, examine jusqu’à vendredi.

Le 17 mai 2005, Farid Tir se trouvait dans une chambre du service orthopédique de l’hôpital nord de la capitale picarde. Il devait y subir une opération le jour même. Ce détenu particulièrement surveillé était gardé par deux policiers et était attaché par une paire de menottes au montant de son lit. Peu après 8 heures, un commando de trois hommes armés faisait irruption dans la chambre, désarmait les policiers et les contraignait à s’allonger sur le sol sous la menace de fusils à pompe et d’une arme de poing.

Une fois Farid Tir libéré, le groupe prenait la fuite. Quelques instants plus tard, une Rover de couleur verte était interceptée, à proximité de Doullens, par des policiers. Rabbah Tir et Slimane Medjoub y avaient pris place. Dans le coffre du véhicule, les policiers trouvaient des vêtements marqués du nom de Farid Tir et non une blouse d’hôpital comme écrit hier. Les deux hommes, qui ont toujours nié leur participation à l’évasion de leur frère et beau-frère, étaient aussitôt interpellés. Quant à Farid Tir, il sera interpellé quelques semaines plus tard dans la région de Lille.

Ce sont donc trois personnes, mises en examen pour évasion, complicité d’évasion et vol à main armée (les armes des policiers) qui se retrouvent donc dans le box des accusés.

L’audience d’hier a été marquée par plusieurs incidents. Dès le début du procès, les avocats, comme le code de procédure leur en donne la possibilité, ont demandé de disposer d’un délai pour s’entretenir avec leur client respectif : « Depuis une semaine, nous ne savons pas où se trouvent nos clients. Nous demandons donc d’avoir le temps de nous entretenir avec eux », a déclaré le bâtonnier Hubert Delarue.

L’après-midi, alors que l’audience allait reprendre, les accusés ont refusé de comparaître. Ils protestaient contre le fait qu’on ne les ait pas autorisés à fumer dans la pièce où ils sont gardés et que leurs familles n’aient pas été autorisées à leur apporter de la nourriture.

Slimane Mejdoub, diabétique, protestait également pour n’avoir pas eu de coton afin de pouvoir se faire sa piqûre d’insuline. Après avoir rencontré leurs conseils, les trois accusés ont fini par comparaître.

GEORGES CHARRIÈRES

Source: Le Courrier Picard

2 réponses
  1. Georges Charrières
    Georges Charrières says:

    Bonjour,
    Juste quelques lignes pour vous dire ma surprise en découvrant sur votre site, un article sous ma signature et qui est la copie conforme de celui paru sur le site du courrier-Picard.
    Auriez vous la gentillesse de donner cette précision aux internautes?
    Cordialement
    Georges Charrières
    PS : N’hésitez pas le cas échéant à me contacter pour d’éventuelles autres parutions sur votre site.

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