Jean Cohadon

Tribunal. Les membres de trois familles des cités toulousaines condamnés dans un trafic de drogue.

Une partie des 32 kg de résine saisie à Montauban en novembre 2007 par la brigade des stups. Photo DR

Une partie des 32 kg de résine saisie à Montauban en novembre 2007 par la brigade des stups. Photo DR
Une partie des 32 kg de résine saisie à Montauban en novembre 2007 par la brigade des stups. Photo DR

Les trafiquants de drogue souffrent souvent de sérieux troubles de la mémoire. Six hommes et une femme poursuivis dans le cadre d’un trafic démantelée en décembre 2007 par la brigade des stupéfiants de la sûreté départementale n’ont pas échappé à la règle devant le tribunal correctionnel. Avec, parfois, des répliques qui laissent sans voix. La palme à Mafoud, 21 ans, interpellé en train de démonter une voiture chargée de 32 kg de résine de cannabis dans un garage tranquille de Montauban.

« Vous saviez qu’elle transportait de la drogue », insiste le président Vergnes. « Non, monsieur le président. Disons que je m’en doutais à 100 %…» Un ange passe, les ailes chargées de savonnettes brunâtres… La procureur Géraldine Labiale s’essaye à l’interprétation des écoutes téléphoniques : « Vous dites il va manquer 1… De quoi parlez-vous ? »

Près de 300 kg au total

À la barre, Thomas hésite, ne se souvient plus. Il ose : « Je partais en vacances au Maroc. Il me manquait 100 €…»

Dans la salle, les regards se croisent. La magistrate insiste et se heurte à une mémoire digne d’un gruyère. « Finalement, le nouveau symbole du trafic de stupéfiants devrait être l’euro symbolique… » conclut la magistrate.

Reste les charges, lourdes : 32 kg saisis à Montauban et aussi 217 kg découverts par les douaniers espagnols sur le toit d’un camion. Les chiens ont failli devenir fous. Sauf qu’ils ont oublié 49 kg supplémentaires planqués dans un double fond. Un courrier du chauffeur envoyé depuis sa prison espagnole, et retrouvé lors des perquisitions à Toulouse. La camionnette et son chargement ont été retrouvés.

Le financement de ce trafic était partagé par plusieurs familles.

Abdelhakim Derquaoui en a financé une bonne partie, comme Fathi Saidi dont les enquêteurs ont longtemps eu du mal à croire que ses revenus étaient simplement liés à son flair pour dénicher les bons résultats au Loto sportif (400 000 € de gain). Derquaoui a été condamné à 4 ans de prison, Saidi à 2 ans plus 15 000 € d’amende, le « prime » judiciaire pour ses revenus… « Willow » Mohand a été puni 2 ans de prison, Mafoud Meghini, celui qui doutait à 100 % et Farid Oujrahni à 18 mois ; Thomas Duval à un an. Enfin une jeune femme à 4 mois.

Quant au volet économique du dossier, et l’exploitation jugée douteuse par les policiers d’un kebab à Bagatelle, son propriétaire a démontré que son établissent marchait fort. Il a bénéficié d’un non lieu judiciaire mais n’a pas échappé à un copieux redressement fiscal…

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