27.05.2009, 04:48 – La Voix du Nord

Quatre Dunkerquois ont été lourdement condamnés lundi, en comparution immédiate, pour avoir déclenché une bagarre générale en voulant s’inviter dans une fête à Petite-Synthe.

Raymond fêtait les 20 ans de son futur beau-fils dans la nuit de samedi à dimanche, rue Raymond-Telly, à Petite-Synthe. Une nouba en famille, au rez-de-chaussée de l’immeuble qui a fini par attirer des intrus.

Surtout, il y a trois filles sur le pas de la porte. «  On leur parlait gentiment. On leur a demandé des cigarettes. Elles sont rentrées », explique Abdelhakim Belkassa. Son copain, Maxime Buils, frappe alors avec insistance au carreau : «  Ah ! c’est la teuf ici ! ». Edem Mensah, son truc à lui, c’est les filles. Mais il manque parfois de tact dans son approche. Il a déjà été condamné pour un viol sur une jeune fille. Très énervé, armé d’une matraque télescopique, selon des témoins, il exige que les filles sortent de l’appartement. Les fêtards baissent le volet. Il est brisé à coups de matraque, ainsi que le carreau. Raymond, excédé, sort avec son berger malinois et leur ordonne de «  dégager ». Il reçoit un coup de barre de fer sur la tête pour toute réponse. «  Ils ont même tapé mon chien avec des matraques », dit-il à la barre, le visage boursouflé, un gros pansement sur l’oreille. Ce qu’il s’est ensuite passé ? Bagarre générale devant l’entrée de l’habitation. Antonio Di Razza, qui n’a rien à voir dans cette histoire, assiste à la rixe depuis sa fenêtre. Il descend pour se défouler sur les fêtards. «  J’ai vu Buils qui se faisait taper. C’est normal de défendre un copain qui se fait frapper. » Il veut faire croire qu’il a trouvé un bâton de bambou par terre. Abdelhakim Belkassa est lui aussi armé d’une barre de fer : «  Je l’ai trouvée par terre . » La présidente s’étonne : «  C’est fou toutes ces barres de fer, ces bâtons, qui traînent dans les rues. Moi je n’en vois jamais sur les trottoirs. » Des témoignages de voisins évoquent des battes de base-ball.

Confusion

Au milieu de la rixe, la confusion règne. Qui a tapé qui ? Comment ? Des convives apeurés s’enfuient en courant. S’adressant aux prévenus, la présidente résume : «  Bon, bref, vous avez tapé dans le tas. » Avec sept victimes et quatre auteurs, onze versions plus ou moins variées, voire contradictoires s’affrontent. Les prévenus affirment que c’est la famille de Raymond qui a déclenché les hostilités. Le clan de Raymond jure que non. Au final, c’est le clan de Raymond qui sort le plus amoché. Parmi les sept victimes, on trouve des bras en écharpe, des points de suture, des bandeaux sur la tête, des doigts retournés. Côté prévenus, seul Edem Mensah a été blessé par des légers coups de couteau portés à l’épaule.

La subsitute estime : «  L’instruction des faits est suffisamment claire pour tirer la conclusion qu’il y a d’un côté les agresseurs, de l’autre les victimes. » Elle requiert des peines allant d’un an ferme à deux ans ferme et des mandats de dépôt pour les prévenus. Malgré leur jeunesse (20 ans pour le plus âgé), tous ont déjà fréquenté les tribunaux. La défense a eu beau s’insurger «  contre la grande confusion qui règne dans cette affaire où l’on n’y comprend rien, l’absence d’unité des témoignages, le manichéisme qui met les bons d’un côté les méchants de l’autre », le tribunal a prononcé des peines sévères. Deux ans ferme, mandat de dépôt pour Edem Mensah, Abdelhakim Belkassa et Maxime Buils. Trois ans dont un an avec sursis mise à l’épreuve pour Antonio Di Razza. •

A.C.

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