Le procès du braquage du supermarché Champion, de Villers-Bocage, en août 2006, s’est ouvert, hier, devant la cour d’assises du Calvados.

Tout est allé très vite, ce 30 août 2006. Il aura fallu quatre minutes, montre en main, aux braqueurs pour réaliser leur hold-up. Il est 19 h 50 lorsque deux hommes encagoulés, gantés et armes au poing, surgissent dans le supermarché Champion de Villers-Bocage, à l’ouest de Caen. L’un des agresseurs neutralise l’agent de sécurité et deux des caissières, avant de les ligoter tous trois, pieds et poings liés, à l’aide d’un ruban adhésif. L’autre, pendant ce temps, agrippe une troisième caissière par les cheveux et la dirige vers la salle du coffre, sous la menace d’une arme.Là, il s’empare d’une partie de la recette de la journée, de bons de réduction, de bons d’achat et de trois recharges téléphoniques. Montant du butin : 23 000 €. Les agresseurs enferment les trois caissières et le vigile dans la salle du coffre, et prennent la fuite à bord d’une Ford Focus, conduite par un troisième homme qui les attendait sur le parking.

L’un des deux braqueurs, qui avait nié son implication lors de l’instruction, puis déclaré être venu en Normandie pour se procurer de la drogue, a reconnu les faits dès l’ouverture du procès. Il fallait, semble-t-il, que les deux hommes aient une bonne connaissance des lieux pour pouvoir opérer si rapidement. Et se diriger sans hésitation vers l’hôtesse de caisse en charge de la fermeture du coffre, ce soir-là. D’où l’hypothèse d’une éventuelle complicité au sein du magasin.

Le vigile complice ?

Dans le box des accusés, figure le vigile, dont les enquêteurs ont établi qu’il connaissait l’un des braqueurs. Les deux hommes se sont rencontrés dans une boîte de nuit quelques semaines avant le hold-up. Par ailleurs, des investigations ont révélé qu’ils ont été en contact téléphonique quinze fois les deux mois précédant le braquage.

Hier, la cour a entendu deux des caissières, la mère et sa fille, qui se sont constituées partie civile. Le vigile complice ? Elles se refusent à y croire. « Il était aussi choqué que nous, raconte la mère. C’est même lui qui a appelé les secours. » Parmi les accusés, il y a aussi le frère d’un braqueur et la soeur d’un autre. Le premier serait le conducteur de la voiture où ils ont pris la fuite. La seconde, quant à elle, aurait hébergé les accusés en connaissant leurs intentions.

En fin de journée, un enquêteur a projeté les prises de vue du système de vidéo surveillance du magasin. On y voit un premier agresseur, vêtu de noir et arme au poing, entrer par l’entrée principale et pousser le vigile vers l’intérieur du magasin. Le second, en jean et également armé, arrive cinq secondes plus tard. Les caissières se couchent derrière le comptoir, avant d’être ligotées puis traînées vers la salle du coffre où elles seront enfermées avec le vigile.

La cour d’assises doit aujourd’hui entendre les cinq accusés. Le verdict est attendu vendredi après-midi.

Hervé NAUDOT.
Ouest-France
1 réponse
  1. katy
    katy dit :

    Bonjour Hervé…
    Vous étiez déjà doué à l’époque!!!;-)
    Bravo pour cet article et le savoir-faire journalistique…Mais que faites vous à Hénin-Beaumont!!!Vous devez vous ennuyer;-)
    Amitiés,

    Katy D

    Répondre

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