Les accros d'électro et de stups finissent au tribunal
« Les faits sont d'une banalité et d'une stupidité affligeante... » , ne peut s'empêcher de lâcher la présidente en lisant les côtes du dossier. Celui d'un habitant des Pennes-Mirabeau (13), âgé de 22 ans. Un étudiant en médecine qui a été arrêté en "flag" par la police, dans la nuit de samedi à dimanche, en train d'écouler l'une de ses vingt-cinq bonbonnes de cocaïne sur le site où se déroulait Electromind, le rassemblement de musiques électroniques à Grammont. Conséquence immédiate : le garçon a fini son week-end au poste jusqu'à sa comparution, hier, dans le prétoire de la correctionnelle. Une autre musique.
Tout cela pourquoi ? « Pour me faire de l'argent de poche », lance, tout à sa naïveté, le garçon...« Vous ne savez pas ce que vous vendez
», assène la présidente. Car si le test pratiqué a fait dire aux policiers que les pochons contenaient de la cocaïne, rien n'a pu être établi avec certitude. Et le prévenu de rétorquer, tout de go : « Ça tue pas ! ».
« Comment le savez-vous, vous l'avez fabriquée ? », poursuit le magistrat.
Nouvelle réponse : « J'en ai pris ! ». Alors... Puis, le représentant du parquet de railler, en guise de préambule de son réquisitoire : « Les études de médecine sont longues. J'espère qu'il n'a pas l'intention de les financer comme cela... ». Alors, pour couper court à toute velléité de la sorte, le ministère public requiert six mois de prison, assortis d'un sursis, sur l'audience.
Au final, le Phocéen a écopé de quatre mois, avec sursis. M e Abratkiewicz, son conseil, concédant : « Il sait quece n'est pas bon pour la santé. Mais que l'on en a besoin quand on sort toute la nuit ».
Autre cas : celui cet autre Bucco-rhôdanien arrêté, toujours sur le vif, par la police et au même endroit, tout occuper à vendre, « pour 20 € », une bonbonne de speed (des amphétamines) à un jeune couple de festivaliers.
Et le Marseillais de 19 ans, lui aussi plein de candeur, d'expliquer : « Dans ce type de soirée, tout le monde va voir tout le monde pour savoir s'il y a des stupéfiants ».
Puis, tout aussi désarmant, de raconter que, jeune bachelier, il aimerait bien intégrer une école de police, puis... « une brigade des stups », précise son avocate, M e Davoisne (cela ne s'invente pas).
Pour le parquet il n'y a rien prêtant à sourire : « Vendre ce produit, c'est afficher un certain mépris pour la santé d'autrui ».
Résultat : ce sont trois mois, assortis d'un sursis, qui sont requis par le ministère public. Le tribunal a, lui, condamné le jeune homme à deux mois (toujours assortis d'un sursis).
J.-F. C.