Accusé d’avoir passé commande dans le cadre d’un gros trafic de stupéfiants, le retraité a été blanchi.

Roland Chamard-Bois, 67 ans, a pu rentrer libre chez lui et retrouver sa compagne, dans sa maison du pays de Retz, hier après-midi. Après avoir été mis en examen pendant deux ans et demi, après plus de six mois de détention provisoire et quatre jours de débats devant la cour d’assises spéciale de Poitiers, le retraité a été blanchi. Acquitté. L’avocat général avait pourtant requis cinq ans de prison.Les magistrats professionnels réunis depuis lundi pour juger 18 accusés soupçonnés d’avoir trempé dans une grosse affaire de stupéfiants ont rendu leur verdict hier matin. Seize condamnations. La peine la plus lourde à dix ans pour Michel Moinard. Et deux acquittements. « Par sa décision, cette cour a réhabilité un individu et toute une institution face à une instruction plus que critiquable », a réagi Yvan Trebern, l’avocat de Roland Chamard-Bois.

Il a toujours nié

Son client avait été inculpé en octobre 2006, après l’interpellation de quatre hommes surpris en pleine transaction sur le parking de l’hôpital Nord-Laënnec, à Saint-Herblain. Bilan des saisies : 30 kg de cannabis, 2 kg d’héroïne, 250 g de cocaïne et plus de 25 000 € en petites coupures. Comme souvent en matière de stups, c’est la téléphonie que les enquêteurs ont essayé de faire parler. Les écoutes ont fait ressortir des noms. Celui de « Chamard » n’apparaissait pas directement. Mais un surnom, « le gros », était lâché sur le fil. Et la voix de Roland Chamard-bois passant commande de « 1 blanc et 500 noir » aurait été « formellement identifiée » par une expertise. L’étude était quasi infaillible, selon l’accusation. Pas selon Yvan Trebern. Les autres charges dans le panier de l’accusation ? Une « comptabilité ». Et une « puce » de téléphone. Bien trop peu, selon la défense, qui s’est échinée à démonter point par point le dossier.

« Mon client est encore poursuivi par son passé, vingt ans plus tard ! Qu’on le laisse tranquille ! », indiquait Me Trebern, juste avant l’ouverture du procès. « Ce ne doit pas être le procès de la rumeur !,  » a-t-il plaidé jeudi à Poitiers. Roland Chamard-Bois se disait innocent depuis le début. Il a été entendu. ?

Anne-Hélène Dorison

anne-helene.dorison@presse-ocean.com

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