Reuters

Le Paris Saint-Germain, ses anciens présidents Laurent Perpère et Francis Graille ainsi que l’équipementier sportif Nike se sont retrouvés lundi sur le banc des accusés dans un procès visant des malversations présumées en marge de transferts de footballeurs.

Douze autres prévenus comparaissent en correctionnelle, pour la plupart des agents de joueurs, pour des faits de « faux, usage de faux et travail dissimulé ». Il n’y a aucun joueur professionnel, en revanche, sur le banc des prévenus.

Après l’affaire des comptes de l’Olympique de Marseille, qui a envoyé l’ex-entraineur Rolland Courbis en prison, c’est la seconde fois que la justice se penche sur les pratiques du « foot-business » avec en toile de fond des joueurs prestigieux comme le Brésilien Ronaldinho ou le Français Nicolas Anelka.

Des peines de prison et de lourdes sanctions financières sont encourues en théorie dans ce dossier.

Mais l’enjeu sera aussi financier, avec une possible condamnation à rembourser plusieurs millions d’euros qui auraient été soustraits au fisc et à la Sécurité sociale.

L’éventuelle facture serait présentée à Canal+, ancien propriétaire du club, qui est partie civile au procès. La Fédération française de football et la Ligue professionnelle sont aussi parties civiles.

Un palier symbolique est franchi dans la mise en cause du monde du football, car le club parisien, même si les résultats font défaut ces dernières années, est un des plus riches du pays et compte nombre de supporters prestigieux, comme le président Nicolas Sarkozy que l’on voit fréquemment dans les tribunes.

NIKE IMPLIQUÉ

Les faits concernent de présumées fausses conventions passées en marge d’une vingtaine de transferts afin de garantir des rémunérations occultes et défiscalisées aux joueurs et à leurs agents, pour un total estimé à neuf millions d’euros.

De présumés faux « contrats d’image » passés de 1998 à 2004 entre Nike et les joueurs sont également concernés. Ils auraient servi à justifier frauduleusement des rémunérations occultes. Nike, équipementier officiel du PSG, le conteste.

Selon l’accusation, ces mécanismes de faux permettaient au club d’économiser charges sociales et impôts et aux joueurs de frauder le fisc. Nike se serait remboursé par de fausses amendes infligées au club.

Laurent Perpère, président du club de 1998 à 2003, Francis Graille, son successeur de 2003 à 2005, ainsi que Pierre Frelot, ancien directeur financier, seront jugés pour « travail dissimulé et usage de faux ».

L’affaire, partie par hasard d’une saisie sur salaire contestée par le joueur Francis Llacer, a conduit les deux juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset à examiner durant plusieurs années les affaires du PSG.

Dans leur ordonnance de renvoi, ils concluent à l’existence d’un système frauduleux organisé par les dirigeants du PSG, même s’ils excluent tout enrichissement personnel de ces derniers, faute d’éléments de preuve, et rendent un non-lieu sur ce point.

Des témoins ont expliqué que le système venait de pratiques acquises: les négociations salariales avec les joueurs se font sur la base d’un revenu net d’impôt et les agents de joueurs se rémunèrent sur les transferts, donc avec l’argent des clubs.

Les dossiers visés concernent les transferts de joueurs prestigieux comme l’Argentin Gabriel Heinze venu de Valladolid en 2001, le Français Nicolas Anelka venu de Madrid en 2000, le Nigérian Jay Jay Okocha, mais aussi des entraineurs comme Vahid Halilhodzic (2003-2005).

Aucun joueur n’est poursuivi, les juges estimant qu’ils n’ont pas participé aux montages frauduleux même s’ils en ont bénéficié. Ils encourent en revanche des redressements fiscaux.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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