Le profil psychiatrique au cœur du procès

Le procès aux assises qui se tient depuis hier à la cour de Saint-Omer laisse une grande part à l’examen de la personnalité de l’accusé. En novembre 2007, M.O. a saisi un couteau de cuisine et poignardé sa mère. Il est atteint de schizophrénie.

La personnalité de l’accusé tient le rôle principal dans le procès qui se déroule depuis hier à Saint-Omer. M.O. a poignardé sa mère le 3 novembre 2007 à Boulogne-sur-Mer. Il est atteint de schizophrénie et avoue qu’il ne suivait pas son traitement à l’époque.

Le premier jour des audiences est consacré aux faits. Même si des éléments de personnalité n’ont pas pu être écartés. « Je suis arrivé chez mes parents, il y avait un couteau à steak sur la table. Je l’ai saisi et je suis arrivé derrière ma mère qui était penchée sur l’évier, explique l’accusé âgé aujourd’hui de 30 ans. À cette époque, je n’étais pas moi-même, je ne suivais pas mon traitement, je consommais beaucoup d’alcool.

Aujourd’hui, je ne comprends pas mon geste. Qui voudrait faire du mal à sa mère ? » M.O. a atteint sa mère à la nuque et à l’épaule. C’est son père qui, alerté par les cris de sa femme, s’est précipité pour désarmer son fils. Une voisine, alertée par les bruits, a appelé les secours et prodigué les premiers soins à la victime.

La craintedes parents

En septembre 2005 déjà, M.O. avait agressé une voisine d’un coup de couteau dans l’abdomen. L’affaire avait été classée sans suite en raison de son état psychiatrique. Il avait été placé à hôpital pour recevoir des soins. Les parents de M.O., qui sont parties civiles, ont indiqué à la barre leurs craintes : «  Quand il est sorti, il ne prenait plus ses médicaments et il avait une forte consommation d’alcool. Un jour, il a déclaré à sa soeur que tout serait fini, qu’il allait éliminer la famille. Nous avons retrouvé dans son sac un grand couteau de cuisine. Depuis, nous les avons tous cachés. » Difficile de dissocier le geste de l’accusé de son état psychiatrique. «  Je n’étais pas lucide. Je me sentais comme prisonnier de moi-même. L’alcool m’aidait à briser cette carapace et je ne prenais pas mes médicaments car ils freinaient ma libido. Je pensais que je pouvais m’en sortir seul. Aujourd’hui, je sais que mon traitement m’aide à être normal. »

Volonté d’en finir

Sa conception de la réalité s’est trouvée altérée en l’absence de médicament, comme les experts psychiatres l’ont expliqué au moment de la procédure d’instruction. Il avait pour projet d’en finir avec la vie, mais désirait quelqu’un pour l’accompagner. M.O. en voulait à sa mère de l’avoir mis au monde. «  Dans ma tête, ça montait crescendo, et de fil en aiguille… » Les jurés et le tribunal devront déterminer son degré de folie et de responsabilité au moment des faits pour le déclarer ou non coupable et appliquer une peine adéquate si tel est le cas. Mais la reconstruction avec la famille sera difficile. «  Il est allé trop loin dans les faits, il a agressé sa propre mère, déclare le père de l’accusé. Nous ne sommes pas prêts à l’accueillir. » Les médecins et experts détailleront l’état mental de l’accusé lors de l’audience d’aujourd’hui et de demain. •

DELPHINE LACROIX

jeudi 03.09.2009, 04:45 La Voix du Nord

1 réponse
  1. Audrey T
    Audrey T says:

    Malheureusement ce genre d’affaire n’est pas unique. La schizophrénie est une maladie qui prend plusieurs formes et cela arrive que certains patients aient des poussées de folie meurtrières dues à des hallucinations et en arrivent à tuer leurs proches.

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