Le procès d’un double infanticide s’ouvre lundi à Aix-en-Provence devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.

Jean-Paul Steijns, un petit escroc mythomane de 39 ans, et sa jeune épouse de 29 ans, Marie-Hélène, comparaissent devant la justice jusqu’à vendredi pour l’empoisonnement accompagné de préméditation des deux enfants de Marie-Hélène, Mélissa, 8 ans, et Jason, 7 ans, nés d’une première union de la mère.

Ils sont accusés d’avoir écrasé et mélangé des médicaments, des barbituriques pour l’essentiel, à un plat de cannellonis, avant de les administrer à leurs enfants. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Le couple avait été interpellé le 20 octobre 2005 dans un hôtel de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). La veille, à l’occasion d’une expulsion locative, un huissier avait découvert sur le balcon de leur appartement, boulevard Rabatau, dans les quartiers sud de Marseille, le corps d’un nourrisson abandonné dans un sac poubelle.

Mais l’instruction n’a pas permis de démontrer si Dorian, le nouveau-né, avait vécu, en raison de la trop grande décomposition du corps. Le couple a dès lors bénéficié d’un non-lieu pour le troisième enfant au terme de l’instruction.

Deux jours plus tard, les enquêteurs retrouvaient en revanche dans le véhicule du couple, une BMW stationnée dans le XIIIe arrondissement, le corps de deux autres enfants.

Jean-Paul Steijns comparaîtra détenu. Il est incarcéré depuis le 22 octobre 2005. Gérant de société à ses heures, mais le plus souvent sans profession, sujet dès lors à des difficultés financières considérables, il a fait croire pendant deux ans à son épouse qu’il travaillait. Il s’est aussi inventé un passé au côté d’un père magnat du pétrole et n’aura de cesse, pour subvenir aux moyens de sa famille, d’emprunter de l’argent à ses proches.

Pour les enquêteurs, cette affaire n’est pas sans rappeler la triste affaire du faux médecin chercheur à l’OMS Jean-Claude Romand, qui avait travesti toute sa vie, avant de supprimer l’ensemble de sa famille en 1993, dans l’Ain.

L’expertise psychologique de Jean-Paul Steijns a mis au jour un personnage qui «a lui-même adhéré sans réserve à une altération pathologique de la réalité et à la construction mythomaniaque de son univers, s’identifiant sans réserve à celui qu’il veut être et finit par croire qu’il est, s’enfermant dans un univers factice où le réel et l’imaginaire deviennent équivalents».

Après s’être accusé en début de procédure, le mari a changé de version en cours d’enquête, quand il a appris que son épouse avait eu de nouveau une relation avec le père des enfants. Il a alors désigné sa femme comme l’instigatrice du double crime, expliquant qu’elle aurait exigé de lui qu’il «sacrifie les enfants» pour «repartir à zéro».

Sa compagne n’a jamais été placée en détention. Elle a simplement été maintenue sous contrôle judiciaire et elle se présentera libre au procès. Les jurés auront cinq jours pour faire la lumière sur les singulières raisons qui auraient poussé le couple à vouloir ainsi supprimer les enfants.

(ap)

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