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Le procès en appel de Jean-Paul Gournier, un chirurgien de 49 ans accusé du meurtre de ses parents en 1999, s’est ouvert lundi devant la cour d’assises du Rhône.

Condamné en première instance en 2008 à 25 ans de réclusion criminelle, l’accusé nie les faits. Sa défense estime que le crime peut être soit un double suicide, soit un meurtre du père de l’accusé par sa mère suivi d’un suicide de cette dernière.

Le procès doit se terminer en fin de semaine.

Le 30 novembre 1999, les pompiers avaient découvert les corps sans vie d’André Gournier, 74 ans, et son épouse Geneviève, 82 ans, dans leur maison de Saint-Priest-en-Jarez (Loire). A leurs côtés, on avait retrouvé une bonbonne de gaz ouverte et un fer à repasser en marche ayant brûlé un rideau.

Jean-Paul Gournier a été mis en cause par les enquêteurs qui ont retenu un mobile financier.

Le chirurgien se trouvait à cette époque dans une situation financière critique et la disparition de ses parents lui permettait de toucher 380.000 euros, dit l’accusation.

Les expertises ont conclu que ses parents étaient morts par administration de Tracium, un puissant anesthésiant à base de curare qu’on ne trouve que dans les hôpitaux.

Mais Geneviève Gournier avait à plusieurs reprises parlé à des proches d’intentions criminelles envers son mari.

Au premier jour du procès en appel, plusieurs témoins de la défense ont soutenu cette thèse.

« Pendant 25 ans, j’ai entendu Genevière dire qu’elle aurait la peau de son mari avant que lui n’ait la sienne », a déclaré la tante de l’accusé.

De même, Gilles Court, ami d’enfance de Jean-Paul Gournier, a décrit la forte personnalité de la mère.

« Elle n’aurait pas supporté la moindre diminution et elle disait à qui voulait bien l’entendre que, quand ça irait moins bien, elle ‘ferait ça propre' », a-t-il dit.

Les experts ont jusqu’ici affaibli le scénario de la défense, estimant que la double mort n’avait pu intervenir sans l’intervention d’une tierce personne. La mère de l’accusé n’aurait en effet pas eu le temps, selon les experts, de s’administrer le poison et d’aller jeter seringue et flacon au feu, avant de revenir s’allonger dans son fauteuil.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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Jean-Paul Gournier, un chirurgien de Saint-Etienne (Loire) condamné à 25 ans de réclusion criminelle en première instance pour le meurtre de ses parents par empoisonnement, est rejugé à partir de lundi devant la cour d’assises d’appel du Rhône. Le procès doit durer toute la semaine.

Jean-Paul Gournier a toujours nié vivement le double parricide pour lequel les jurés des assises de la Loire l’ont condamné le 19 juin 2008.

Le 30 novembre 1999, les corps de son père André et de sa mère Geneviève, âgés respectivement de 75 et 81 ans, avaient été retrouvés sans vie allongés sur le canapé et sur un fauteuil de la salle à manger de leur villa de Saint-Priest-en-Jarez (Loire).

Les gendarmes avaient également découvert dans la maison une bonbonne de gaz vide ouverte et un rideau brûlé par un fer à repasser encore branché; aucune trace en revanche d’une seringue.

Les expertises toxicologiques ont conclu que les décès étaient dus à la présence dans leur sang d’une forte dose de Tracrium (un produit anesthésiant contenant du curare) qui avait provoqué une paralysie musculaire suivie de la mort dans un court laps de temps.

Leur fils, Jean-Paul Gournier, 40 ans à l’époque, chirurgien cardio-vasculaire à Saint-Etienne (Loire), Montbrison (Rhône) et Lyon était rapidement entendu par les enquêteurs puis soupçonné, notamment à cause de sa situation financière: il était à découvert de 177.000 francs et l’héritage qu’il devait recevoir à la mort de ses parents avoisinait les deux millions et demi de francs.

Il a toujours catégoriquement nié les accusations portées contre lui. Selon lui, sa mère, ancienne infirmière, aurait très bien pu tuer son mari, qu’elle savait infidèle et avec qui elle ne s’entendait plus, avant de s’injecter le poison, d’aller jeter la seringue dans une poubelle et de revenir mourir à ses cotés.

« On attend de voir triompher l’innocence de Monsieur Gournier. Il se bat pour ça depuis 10 ans. J’espère de tout mon coeur que ce sera l’aboutissement de cette affaire. Il n’y a à mon sens aucun élément qui établisse sa culpabilité. Il aimait beaucoup ses parents », a déclaré Me Yanina Castelli, l’avocate du chirurgien, à la veille du procès en appel. AP

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