AP | 20.10.2009 | 20:11

Un universitaire américano-iranien a été condamné en Iran à douze ans de prison pour sa participation présumée aux troubles qui ont suivi la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad en juin dernier, ont annoncé les médias iraniens mardi.

Kian Tajbakhsh était la seule personne possédant la nationalité américaine impliquée dans le procès en cours de nombreux membres de l’opposition iranienne. Il aurait été accusé d’espionnage, d’avoir contacté des agents étrangers et agi contre la sécurité nationale iranienne.

Il a été condamné par un tribunal créé après le mouvement de contestation post-électorale. Tajbakhsh avait été arrêté le 9 juillet durant la répression d’une manifestation. Washington avait dénoncé son arrestation et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait appelé en août à sa libération.

En 2007, ce spécialiste en sciences sociales et urbaniste avait passé quatre mois en prison après avoir été accusé de porter atteinte à la sécurité nationale iranienne. Il avait réfuté les accusations à l’époque comme les nouvelles allégations dont il a fait l’objet.

Son avocat, Houshang Azhari, cité par l’agence officielle IRNA, a confirmé le verdict. Il a précisé que la condamnation était de « plus de douze ans », ajoutant que la loi lui interdisait de donner des détails.

Les autorités iraniennes détiennent aussi l’homme d’affaires irano-américain Reza Taghavi et trois randonneurs américains -Joshua Fattal, Shane Bauer et Sarah Shourd- arrêtés fin juillet après avoir pénétré en territoire iranien. Un autre Américain, l’ancien agent du FBI Robert Levinson, aurait de son côté disparu en Iran en mars 2007.

Les enquêteurs iraniens interrogent toujours les trois randonneurs et leur sort est entre les mains des autorités judiciaires, a précisé mardi le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki lors d’une conférence de presse.

Ses propos laissent penser que des poursuites contre eux sont toujours possibles même si le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a récemment promis de demander la « clémence maximale » à leur égard. Les trois ont reçu la visite de diplomates suisses, chargés de représenter les intérêts américains en Iran, et début octobre leurs proches ont remis une pétition à la mission iranienne aux Nations unies à New York demandant leur libération.

Par ailleurs, un tiers des membres du Parlement iranien ont demandé aux autorités judiciaires de poursuivre le chef de l’opposition et candidat malheureux de la présidentielle, Mir Hossein Moussavi. Selon IRNA, 100 députés sur un total de 290, ont soutenu cette demande formulée dans une lettre adressée au procureur Gholam Hossein Mohseni Ejehi. La missive affirme que Moussavi devrait être jugé parce que ses déclarations et ses actes ont porté atteinte à la « réputation du système islamique ».

On ignore pour l’instant si les autorités poursuivront Moussavi, qui s’était présenté comme le vainqueur légitime de l’élection de juin. La semaine dernière, elles ont ouvert une enquête sur un autre candidat battu de la présidentielle, Mahdi Karroubi, première étape en vue de possibles poursuites contre lui.

L’Iran a également annoncé que 15 Gardiens de la Révolution figuraient parmi les 42 victimes de l’attentat de dimanche dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est de l’Iran). Ce nouveau bilan a été communiqué mardi par la télévision d’Etat. Les premiers chiffres faisaient état de cinq morts chez les Gardiens de la Révolution. AP

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