ROME (AFP) — Un policier italien a été condamné mardi à six ans de prison par une cour d’assises pour avoir tué un tifoso par balle le 11 novembre 2007, une sentence accueillie par des huées et qui a été dénoncée par la famille de la victime et le maire de Rome.

Le policier Luigi Spaccarotella a été reconnu coupable d’homicide par imprudence par la cour d’assises d’Arezzo (Toscane, centre de l’Italie) qui l’a condamné à six ans de prison alors que le parquet avait requis 14 ans de réclusion, a rapporté l’agence de presse Ansa.

Le chef d’inculpation, qui était à l’origine celui de meurtre, a été requalifié en homicide par imprudence par les juges de la cour.

Gabriele Sandri, 28 ans, supporteur de la Lazio, avait été tué par le tir du policier après une rixe avec des supporteurs de la Juventus Turin sur une aire d’autoroute à Arezzo alors qu’il se trouvait dans une voiture avec d’autres tifosi.

Le policier avait affirmé qu’il n’avait pas visé Gabriele Sandri et reconnu une erreur.

« Je ne visais rien, je ne pointais personne. J’étais au moins à 200 mètres, comment aurais-je pu ? Le premier coup (de feu), je l’ai tiré en l’air et le second est parti alors que j’étais en train de courir, putain de moi », avait-il déclaré immédiatement après la mort du tifoso.

Le verdict a été accueilli par des cris et des insultes contre les juges comme « cochon » et « bâtard » tandis que certaines personnes pleuraient et qu’une jeune fille a été victime d’un léger malaise, a rapporté l’agence.

« C’est une honte pour toute l’Italie. J’ai honte d’être italien, j’ai honte d’avoir cru en la justice. Heureusement, il y a la justice divine qui s’occupera de Spaccarotella, et celle-là il ne pourra pas y échapper », a déclaré le père de Gabriele, Giorgio Sandri, ajoutant que les juges avaient « tué son épouse une seconde fois ».

Le policier, qui n’était pas présent à la lecture du verdict, a affirmé par téléphone à son avocat « avoir pleuré de joie ». « J’ai bien fait de croire à la justice », a-t-il dit à son défenseur Federico Bagattini.

La justice a « reconnu » ce que Spaccarotella « a toujours dit: il ne voulait tuer personne », a commenté ce dernier, ajoutant qu’il ferait appel car la condamnation était « trop lourde ».

Le maire de Rome (droite), Gianni Alemanno, s’est déclaré « profondément insatisfait » de la sentence, dans un communiqué.

« Je suis profondément insatisfait par la condamnation à seulement six ans de prison du policier Luigi Spaccarotella pour l’homicide de Gabriele Sandri », indique le communiqué.

Dans l’attente des motivations du jugement, il considère comme « inacceptable la déqualification du chef d’inculpation de meurtre en homicide par imprudence », jugeant la condamnation « trop indulgente pour un fait aussi grave qui a durement frappé non seulement la famille (de la victime) mais aussi toute la ville » de Rome.

Il a exprimé l’espoir que le parquet ferait appel du verdict.

De violents affrontements avaient éclaté après la mort du jeune homme entre ultras-radicaux et forces de l’ordre dans plusieurs villes italiennes.

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