Italie: trois dirigeants de Google condamnés pour atteinte à la vie privée

AFP 24.02.10 | 10h51
Trois dirigeants de Google ont été condamnés mercredi par un tribunal de Milan (nord) pour atteinte à la vie privée après la diffusion d’une vidéo montrant des brimades contre un adolescent handicapé, a indiqué à l’AFP un porte-parole de Google.Les trois dirigeants ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, a indiqué Bill Echikson.

« Google va faire appel de cette décision étonnante », a-t-il indiqué, « aucune de ces quatre personnes n’avait quoi ce soit à voir avec la vidéo. Ils ne l’ont pas filmée, ils ne l’ont pas mise en ligne, aucun d’entre eux n’en connaissait les auteurs, et cependant ils ont été tenus pénalement responsables ».

Il s’agit de David Drummond, président du conseil d’administration de Google Italie au moment des faits, George De Los Reyes, un membre de ce conseil au moment des faits qui a depuis quitté l’entreprise, et Peter Fleischer, responsable chargé de la protection de la vie privée.

Un quatrième dirigeant, Arvind Desikan, responsable de projet vidéo au sein du moteur de recherche américain, a été relaxé. Tous les quatre ont été acquittés de l’accusation de diffamation, a précisé le porte-parole.

« Nous sommes profondément préoccupés par cette décision, qui représente une attaque contre le principe de la liberté d’expression (…) Si nous sommes responsables pour chaque autorisation de publication, chaque photo, chaque vidéo, chaque mise en ligne , alors le net tel que nous le connaissons cessera d’exister », a-t-il ajouté.

La vidéo incriminée, diffusée en septembre 2006 et restée près de deux mois sur Google Video, montrait un adolescent trisomique subissant des brimades de la part de quatre élèves à Turin (nord) et avait provoqué un scandale en Italie. Les quatre élèves avaient été exclus de l’établissement scolaire jusqu’à la fin de l’année scolaire 2006-2007.

Avant le verdict, Google avait dénoncé ce procès comme une « attaque directe contre un Internet libre et ouvert » tandis que le parquet avait soutenu de son côté que les responsables du moteur de recherche avaient l’obligation juridique d’empêcher la diffusion de cette vidéo.

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