Les jurés de la cour d’assises du Var sont confrontés depuis hier à une affaire de violences aggravées extrêmement douloureuse et dérangeante. Car la victime était, au moment des faits le 5 novembre 2003 à Hyères, un nourrisson âgé de moins de deux mois. Un examen médical, réalisé trois ans et demi après, a constaté que les séquelles des violences subies ont laissé cet enfant infirme moteur cérébral grave, aveugle, risquant de trépasser d’un moment à l’autre.

Comparaissant libre sous contrôle judiciaire, une mère de famille nombreuse de 41 ans répond de violences sur mineur ayant entraîné une infirmité permanente. Une accusation qui semble la dépasser, et pour laquelle elle encourt quinze ans de réclusion.

Prise en charge médicale tardive

C’est un professeur de médecine de l’hôpital de la Timone à Marseille, qui a alerté le procureur de Toulon le 12 novembre 2003, sur le sort d’un bébé de deux mois admis une semaine auparavant dans son service. Le bébé était dans le coma et souffrait de convulsions. Il présentait tous les symptômes du syndrome du « bébé secoué » ou syndrome de Silvermann (lire ci-dessous).

Il est apparu que le matin du 5 novembre à Hyères, le nourrisson avait été confié à 8 h 30 par sa mère à sa voisine, le temps d’une consultation médicale. Quand elle avait repris son enfant à 9 h 45, il était tout raide et bavait du sang. Elle l’avait aussitôt emmené à l’hôpital d’Hyères où, les symptômes n’étant pas évidents, on avait diagnostiqué une gastro-entérite. Après toute une journée, constatant que malgré le traitement prescrit l’état de son enfant empirait, la maman était retournée en soirée à l’hôpital, où le premier diagnostic avait été confirmé. Elle avait alors transporté la nuit même son bébé à l’hôpital Font-Pré à Toulon, où il avait été pris en charge. Le lendemain, victime de convulsions, l’enfant avait été transféré dans un état grave à la Timone.

Violence ou accident ?

Maltraitance volontaire ou inconséquence, c’est toute la question qui sera posée aux jurés au sujet de l’accusée. Cette nourrice agréée avait une grande habitude des tout jeunes bambins, d’autant qu’elle avait quatre enfants au moment des faits.

Elle a cependant indiqué à l’audience que le nourrisson pleurait beaucoup. Elle l’avait alors pris sous les bras, élevé à hauteur de regard, et « un peu secoué de manière rotative ».

Ce secouement « modéré » a-t-il pu entraîner les lésions du cerveau constatées ?

Le médecin expert a estimé que non, et qu’il avait vraiment fallu des secousses violentes d’avant en arrière. L’expert a également précisé que le bébé avait pu être secoué deux fois, et que, s’il était impossible de dater précisément l’heure de ces secousses, elles étaient vraisemblablement intervenues après 8 h 30.

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