Sombrun.Elle « éduquait » ses filles avant de les jeter en pâture à leur père.

Une épave qui cahote et titube vers la barre… Plus boiteuse que jamais, sur sa canne anglaise. Puis qui se répand jusqu’à l’ostentatoire dans le sanglot hoquetant : Nicole G…

Nicole G., 55 ans, qui doit maintenant s’expliquer devant la justice, devant ses filles, son fils. Mais ne trouve pas les mots pour répondre de cette « corruption de mineure » qu’on lui reproche… tandis que l’ombre des assises s’installe sur la correctionnelle. Puisque Pierre G., son mari présumé innocent, attend désormais à la prison de Pau le procès pour viols, inceste, agressions sexuelles. Tout ce qu’il est accusé d’avoir fait subir à Sandrine, l’aînée, dans leur ferme de Sombrun. à la cadette, Céline, aussi…

Faits que Me Tandonnet, partie civile et le procureur Puyo ne peuvent pourtant que rappeler, pour bien situer le débat. Les responsabilités. Le décor ? Une ferme misérable, trois pièces, pas de carreaux à la chambre des enfants, pas de salle de bains, juste l’électricité pour la télé mais la bougie pour les devoirs. Les acteurs ? Trois gosses terrorisés par un père pervers et violent qui les bat pour tout et n’importe quoi, qui les fait marner comme des bêtes sur l’exploitation. Et puis la mère, enfin… qui a « toujours peur de prendre une tournée », « totalement sous l’emprise du père et qui va faciliter le passage à l’acte de ce père sur ses filles » explique Me Tandonnet.

Jetées en pâture

Ce père qui s’installe dans son fauteuil pour reluquer ses enfants contraintes à se baigner nues devant lui, dans la cuisine. Mais qui veut plus. Et la mère qui explique alors aux filles de 10 et 6 ans, « comment on fait jouir un homme ». Qui se sert de films érotiques ou pornos comme « support pédagogique ». Et qui « savait très bien ce qui se passait lorsqu’elle envoyait sa fille en pâture à son mari, qu’elle entendait le lit grincer » souligne le procureur Puyo dans ce dossier « de la souffrance, de la douleur, des enfants niés, humiliés, salis, bafoués, trahis » ; fratrie qui en lieu et place de la protection et de l’affection dues n’a reçu que « souillure » avec « ces deux jeunes filles jetées en pâture par leur propre mère » insiste-t-il. Mère « qui a été au-delà de la demande du mari : dans l’excès de zèle avec cette éducation sexuelle dépravée donnée à ses enfants ».

Oui, « affaire très grave », cette corruption de mineure que la justice a donc voulu détacher du dossier d’assises, façon de confronter aussi la mère à sa responsabilité, sa complicité dans l’horreur. Mais le ministère public qui ne demande qu’un an avec sursis, conscient d’avoir aussi une forme de victime prisonnière de son mari, face à lui.

« La justice, pas la vengeance » plaide à présent la défense. Laquelle se risque alors sur un terrain délicat : préciser que la mère leur faisait voir des films érotiques et non pornographiques pour dire que « l’érotisme n’est pas obscène ». Et affirmer qu’elle « cherchait plutôt à banaliser la chose, non pas pour préparer à l’assaut du père mais pour en diminuer le traumatisme ». « Pas de perversité chez elle » assure Me Bréan qui « conteste l’infraction juridique » et veut de la pitié pour sa cliente « morte de l’intérieur », « invalide à 80 % ». Sa cliente… qui, à l’ultime invitation de la présidente à s’expliquer devant Céline et Sandrine toute de dignité, renifle et jette… « je vais demander pardon à mes filles pour qu’elles me laissent tranquille » avant de conclure « je suis handicapée à 80 %, j’ai besoin de mon mari à la maison ». Nicole G… qui maintenant ne boite plus, salle des pas perdus, en se pressant vers son avocat pour s’inquiéter du qu’en dira-t-on… et qui prend 18 mois avec sursis, au-delà des réquisitions.

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