NOUVELOBS.COM | 11.08.2009 | 13:46

L »assignation à résidence de juges qui s »opposaient à l »ex-chef d »Etat est en cause. Il pourrait être arrêté et risque trois ans de prison.

Pervez Musharraf (Reuters)

Pervez Musharraf (Reuters)

La police pakistanaise a annoncé mardi 11 août l »ouverture d »une enquête contre l »ex-président Pervez Musharraf, qui peut potentiellement déboucher sur son arrestation, pour avoir ordonné l »assignation à résidence de juges qui s »opposaient à lui en 2007.
Le 3 novembre 2007, Pervez Musharraf avait imposé l »état d »urgence et limogé près de 60 juges dont il craignait qu »ils ne le déclarent inéligible, en raison de sa condition d »officier, au scrutin présidentiel qui avait lieu peu de temps après.
Il les avait également assignés à résidence.

« C »est une enquête criminelle »

La plainte, déposée par un avocat, Aslam Ghuman, concerne cette dernière décision. Selon l »homme de loi, il s »agit là d »une « détention illégale ».
« Nous avons enregistré une plainte contre Pervez Musharraf », et ouvert une enquête, roulette a annoncé à l »AFP un responsable de la police d »Islamabad, Hakim Khan.
Le juge du district d »Islamabad, Mohammad Akmal, a demandé lundi à la police de l »enregistrer, a ajouté Hakim Khan. « C »est une enquête criminelle », a précisé à l »AFP un autre responsable de la police sous couvert d »anonymat.

« Enquêter de manière équitable »

En juillet dernier, un comité présidé par le président de la Cour suprême, Iftikhar Muhammad Chaudhry, avait déclaré illégales les décisions prises à l »époque par Pervez Musharraf de limoger et d »assigner ses opposants à résidence.
Dans son ordonnance, dont l »AFP s »est procuré une copie, le juge Akmal demande au chef de la police d »Islamabad de « remplir ses obligations statutaires en enregistrant la déclaration du plaignant…et de procéder par la suite dans le respect de la loi ». Il lui demande d » »enquêter de manière équitable » sur cette plainte.

Démission en 2008

Le plaignant, Aslam Ghuman, s »est de son côté dit prêt à faire tout son possible pour forcer Pervez Musharraf à revenir au Pakistan. « Musharraf a commis des crimes graves. Nous allons essayer de le faire revenir par le biais de la justice », a-t-il déclaré à l »AFP par téléphone.
Selon lui, l »ex-président pourrait risquer jusqu »à trois ans de prison s »il est déclaré coupable.
Pervez Musharraf avait démissionné en août 2008 de son poste de président du Pakistan, après avoir été menacé d »une procédure de destitution par le gouvernement.
Il a été remplacé par Asif Ali Zardari, veuf de l »ancien Premier ministre Benazir Bhutto, après que la victoire du parti de ce dernier aux élections.
Asif Ali Zardari a réinstallé le juge Chaudhry et ses collègues en mars dernier, au terme d »une longue crise politique. (Nouvelobs.com avec AFP)

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