AFP 11.02.09 | 16h40

Deux SDF d’une trentaine d’années comparaissent depuis mercredi devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre, précédé d’actes de torture et de barbarie, d’un autre sans-abri avec lequel ils vivaient dans un squat à Courbevoie.

Le 10 février 2007, les policiers appelés par l’un des deux accusés découvraient la victime, un homme d’une trentaine d’années, dans un lycée désaffecté transformé en squat.

Son état de maigreur (44 kg pour 1,77 m), les nombreux hématomes au visage et sur le corps et d’autres lésions, notamment des brûlures de cigarette, témoignaient des violences subies par le sans-abri.

Placés en garde à vue, ses deux compagnons reconnaissaient au fil des auditions avoir porté de nombreux coups à la victime, tout en s’accusant mutuellement des sévices les plus graves.

Au cours de l’instruction, un SDF polonais, qui avait passé quelques jours dans le squat en janvier 2007, témoignait du calvaire vécu par le sans-abri, frappé selon lui tous les soirs par les deux accusés.

Tandis que Jean-Jacques Lamy, 36 ans (bien 36), comparaît détenu pour « meurtre » et « actes de torture ou de barbarie » sur personne vulnérable, Maxime Mahieddine doit aussi répondre d’une accusation de « viol ».

Lors de son interrogatoire de personnalité, Jean-Jacques Lamy a raconté d’une petite voix aux intonations aiguës son enfance marquée par un père violent et alcoolique et une scolarité interrompue dès la cinquième.

Il s’était retrouvé « à la rue » vers l’âge de 29 ans, après un emploi à l’association Emmaüs, errant alors de foyer en foyer avant d’atterrir dans le squat de Courbevoie.

Cheveux longs, teint mat, son co-accusé s’est dit « détruit » par la rue, qui l’a « assassiné à petit feu ». D’une voix très rapide, qui le rend parfois inaudible, il a ajouté: « Je me suis complètement laissé aller. Je n’avais plus d’attente, plus rien… ».

La cour n’avait pas encore interrogé les accusés sur les faits mercredi.

Maxime Mahieddine avait déjà été condamné en septembre 2006 à 36 mois de prison, dont dix-huit mois ferme, pour violences sur la même victime.

Le procès est prévu jusqu’à vendredi.

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